22 mai 2018

Le Tantra : une religion ?

Tantra : méthodes, techniques, tissage...
Tantrisme ? A mon sens, abus de langage, pour en faire une religion.

Le Tantra peut être défini de multiples façons. C'est une voie multiple et polymorphe.
Probablement, le Tantra n'est pas une religion dans le sens où, tel que je le connais et y adhère, il n'y a pas de doctrine ni de dogme enfermant dans « il faut » ou « il ne faut pas », si ce n'est ce qui vient de chacun.e pour lui/elle-même et n'est imposé à personne.
Il s'agit d'une voie d'inclusion, d'acceptation, de respect de soi, de l'autre, des autres, de tout ce qui vit, de ce qui est, de ce que l'on croit, de ce que l'on sent, de nos failles et blessures...

Bien souvent, dans l'interprétation qui en est faite, les religions ont plutôt tendance à infantiliser et à culpabiliser, qu'à responsabiliser et à soutenir à réellement grandir, s'élever, s'éveiller à Soi. Les religions imposent des préceptes et des façons d'être, de faire, d'avoir. Le Tantra a un mouvement inverse : c'est de l'expérience en connexion avec qui je suis (au-delà de l'ego et en tenant compte de la personnalité et de tout ce qui est) que j'apprends ce qui est bon pour moi (mon être et aussi mon ego dans sa forme consciente, au service de l'être)... et c'est naturellement bon pour le monde, puisque j'en fais partie.

Et puis en matière de Tantra, il y a un livre (Vigyana Bhairava Tantra, vieux de 5000 ans, traduit par "Méthode pour aller au-delà de la conscience" Le livre des secrets) comme dans les religions.
Un ouvrage qui propose 112 techniques de méditation, d'acceptation et de transcendance de l'ego, de présence à ce qui est, d'affinement des perceptions... Des propositions. Pas d'obligation de faire ou ne pas faire pour espérer être une bonne personne : des cadeaux à ouvrir selon son propre choix, avec ses moyens du moment, et qui à l'origine -et jusqu'à très récemment- n'étaient prodigués qu'à titre confidentiel et personnel, par un maître en fonction de ce qu'il sentait adapté à son disciple.
Aujourd'hui, les informations sont aisément accessibles... mais il ne suffit pas de savoir comment faire pour être vraiment dans la pratique et en recevoir les apports/prises de conscience.
J'ai du mal à parler de maître.sse et de disciple en ce qui me concerne, car je me considère comme humble... et pourtant quelle attitude est plus humble que de se placer au service de plus grand que soi et des personnes qui viennent à moi, en admettant mon rôle pour/envers eux.elles ?
J'ai grandi dans cette société avec la peur des "guru" (associé aux sectes, aux suicides collectifs, aux abus sur les personnes fragiles...) Pourtant, ce terme est originellement simplement lié à l'enseignement : précepteur, guide spirituel, maître, "de l'ombre à la lumière".
"Animateur.trice" ça fait moins peur... et c'est vrai aussi.

Comme le dit mon mari : « Il y a 7,5 milliards d'individus sur Terre, il y a 7,5 milliards de religions ». En ce sens, oui le Tantra peut être considéré comme une religion, car en effet il s'agit d'être soutenu.e à trouver sa liberté d'être dans la vie du quotidien, dans le pratique, le concret... comme le propose aussi les religions (il me semble)... si on sort de l'interprétation de certain.e.s et qu'on lit les textes avec son cœur, sa conscience, son esprit ouvert à ce qu'il y a derrière les mots et les traductions/interprétations.

Une réponse de Normand ? Une réponse dans l'esprit du Tantra, en incluant différents points de vue, car la vérité est partout, dans tout ce qui est présent, dans la vie comme dans la mort, dans l'inspir comme dans l'expir, dans celui qui voit le côté lumineux comme dans celui qui voit le côté sombre...

Namasté
Nelly / Yllen