29 juin 2018

Engagement et attachement


Voici un texte de Goethe ( qui parle du pouvoir de l'engagement, et donc de la nécessité de s'engager (dans un processus, un système, un projet...) pour avancer.

Cela est valable pour toute évolution profonde : sans engagement, sans implication, sans positionnement clair pour vivre ce qu'il y a à vivre dans la relation... on reste à la périphérie, peu touché.e, n'apportant pas grand chose et bénéficiant peu de l'énergie du système ou du projet.

Il s'agit d'un principe de base en systémie (constellations familiales) : priorité du système sur l'individu, comme moyen d'évolution pour le système comme pour l'individu (qui est alors soutenu par le système).

Par contre, il s'agit de ne pas confondre : engagement et attachement.
L'engagement est une énergie d'appartenance, d'implication, d'inclusion, de mise en commun, de communion, d'ouverture à ce qui est, de réalisation...
Quant à l'attachement, c'est lié à la blessure, à la peur, à la recherche à l'extérieur de ce qui nous manque : c'est une exclusion, une fermeture aux possibles, une façon de laisser le pouvoir à l'autre en s'empêchant d'être pleinement Soi, une tentative de rester dans l'immobilité (anti-vie) ou de vouloir induire des mouvements qui préservent l'ego, le mental, la souffrance (par exemple, vouloir changer l'autre ou faire à sa place)...

L'attachement est souffrance. La souffrance est attachement : à ce qui « devrait être », au passé, à nos croyances et schémas de pensées, à notre rigidité, à notre incapacité à s'écouter et donc à se positionner et faire des choix en conscience, à nos émotions/sentiments douloureux car non intégrés et transcendés, etc.

L'Humain a besoin d'engagement ; l'attachement serait comme excès d'engagement, un engagement maladif. Pour plus de liberté, tous nos excès sont à observer et soigner, sans culpabilité ni honte.
Par exemple, une qualité serait d'être gourmet, de savoir écouter et sentir ce qui est bon pour soi et de se faire plaisir en dégustant avec tous nos sens et avec gratitude... et l'excès de cette qualité serait la gourmandise avide et de croire qu'on se nourrit alors qu'on bouffe sans honorer le corps et tout ce qui a permis à cette nourriture d'être là, à notre disposition.
La différence se vit dans le positionnement intérieur, dans l'intention, dans le soin porté à vivre l'instant présent avec conscience...

Restons toujours indulgent.e envers « nous-m'aime » et les autres, envers nos (et leurs) travers, nos (et leurs) excès du moment, notre (et leur) difficulté à l'engagement, etc.
Car en fait chacun.e fait toujours de son mieux du moment et il est contre-productif de s'auto-flageller, de (se) critiquer, de (se) juger, de (se) donner des obligations irréalisables pour l'instant, etc : il suffit de constater, de respirer dans ce qui est, d'accepter la réalité et sa vulnérabilité... et parfois se faire aider pour débloquer une énergie bloquée et pouvoir entrer dans un processus de résilience, quand c'est le moment.

Le contraire de l'attachement ?
Peut-être plutôt l'autonomie que l'indépendance (nous sommes tou.te.s inter-dépendant.e.s, en fait), et surtout pas l'anti-dépendance (réaction opposée et également excessive).
L'autonomie est un besoin de l'Humain. Partie de la voie du milieu, du chemin personnel et spirituel.
Relations détendues (à soi, à ses parts, à l'autre, aux autres, aux événements, au vivant, à l'univers...), confiance en soi et en la vie, observation et sérénité, juste distance face aux épreuves/cadeaux de la vie, lâcher-prise à la souffrance et aux attentes sur les autres, engagement dans ce qui parle à ton être, intuition, vigilance, auto-réajustement permanent, ouverture et circulation dans les centres énergétiques (corps, cœur, tête ; le sexe faisant partie de ces 3 centres, à mon humble avis)...

Namasté