Bien le bon.jour !
Je m’intéresse aujourd’hui à la distorsion récente du mot « comprendre ».
Composé de cum « avec » et prehendere « prendre, saisir », littéralement « saisir ensemble, embrasser quelque chose, entourer quelque chose » d’où « saisir par l’intelligence, embrasser par la pensée ». Il s’agissait donc d’un terme basé sur l’inclusion et non sur les seules croyances et façons de penser d’une « élite » intellectuelle, ni sur un système binaire où il y aurait la bonne compréhension et où tout le reste serait de la non-compréhension, avec les intelligents qui comprennent et les autres.
Chacun.e comprend, à son niveau, avec ses outils, avec sa sensibilité, selon sa personnalité… et en fonction de l’adaptation du mode de communication employé par rapport au récepteur.
« Comprendre »est une chose ; retranscrire ce qui est compris en est une autre. Toutes les formes de compréhension ont leur valeur… et peuvent être complétées, sauf peut-être dans le cas de l’Eveil (et encore : à ce niveau, peut-être est-il encore plus nécessaire de comprendre, d’englober, d’inclure dans la compassion, tous ceux qui sont en chemin).
Du coup, « je comprends » ne laissait pas de place au jugement ni à la conclusion/validation illusoire d’un savoir fermé.
Et aucune honte à dire « je ne comprends pas » : soit un désir (conscient ou inconscient), à ce moment, de ne pas rentrer dans cette proposition de compréhension, soit une invitation à utiliser un autre mode de communication pour que je puisse saisir, accueillir ce que tu souhaites me communiquer.
La compréhension se fait aux différents niveaux de l’humain (corps, cœur, esprit), si bien qu’elle reste incomplète si elle n’est pas expérimentée. Il était aussi question d’intuition, d’intelligence cellulaire, d’intégration en soi, de choix conscients et inconscients de prendre pour soi certains éléments contactés, de valider que je me fais une idée claire des causes et des conséquences…
Or, à l’heure actuelle, dans nos sociétés de consommation et d’abondance matérielle, avec toute la place laissée au mental et au dirigisme de certains, c’est comme si, dès les tout premiers temps de vie sur Terre, il y avait une bonne compréhension et une mauvaise. D’où un sentiment de culpabilité qui s’engramme sans cesse un peu plus… et une souffrance, un malaise, une non-inclusion, une marginalisation de ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas rentrer dans le moule… Pourtant « comprendre » n’impose nullement une façon de penser qui serait juste par rapport à toutes les autres.
Alors qu’en fait toute compréhension est, de part sa nature, parcellaire… et ne permet donc pas de jugement, en tous cas pas de la part des personnes suffisamment intelligentes pour comprendre (justement) qu’elles n’ont pas le monopole de la vaste, incommensurable vérité. 
Qui peut se targuer de comprendre toutes les lois de l’univers ?… de tout savoir (ça-voir) et percevoir (perce-voir) sur le visible et l’invisible, sur la vie et l’après-vie, de pouvoir suivre le parcours de chaque cellule, de développer son senti à l’infini, d’être au coeur de la vie à tel point qu’il devient un idéal canal du Divin…?
Donc revenons à l’étymologie de ce beau mot « comprendre » : comprenons de notre mieux, dans la détente, avec tous nos sens, avec tous nos ressentis, en observant nos mécanismes et nos pensées, avec humour… et soyons compréhensifs envers chacun, en paix avec son propre chemin de vie et celui pris par chaque autre (en espérant juste qu’il corresponde aussi à cette inclusion salvatrice, où la paix réside).

Quoiqu’il en soit, « comprendre » ce qu’est le Tantra – car la question m’est souvent posée « c’est quoi, le Tantra ? » – passe inévitablement par la pratique personnelle.
112 méthodes pouvant mener à la dissolution du mental, à l’Eveil, ont été livrées dans le Vigyana Bhairava Tantra, il a plus de 5000 ans. Osho les a traduites du Sanskrit et décrites, a mis à notre portée cet enseignement, dans « Le livre des secrets ».
A chacun.e son chemin sur cette voie de reliance au Grand Tout. Le Tantra, c’est la vie, ça se vit ! et chaque cellule est concernée, à chaque niveau (son rayonnement dans le microcosme et le macrocosme, ses liens à l’ensemble du vivant, visible et invisible).

Quant aux condisciples du mot « comprendre », aux autres termes formés avec la racine-mère « prendre », ils ont tous une saveur particulière, liée à l’action volontaire, voire à un passage de l’inconscience à plus de conscience, dans l’énergie densifiée, la matière :
apprendre (saisir par l’esprit),
désapprendre (Maître Yoda : « Il faut désapprendre tout ce que tu as appris »),
entreprendre (se mettre à faire une chose),
réapprendre (apprendre de nouveau),
reprendre (prendre de nouveau),
se méprendre (mé- a sens privatif et péjoratif : erreur, manque…)
surprendre (à l’improviste),
… et ils ont tous leur histoire à raconter.
« S’éprendre » aurait une autre étymologie : s’enflammer.
Namasté

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