Je ne suis pas gentille
… et je n’ai pas l’intention de le devenir.

C’est quoi, la gentillesse ?
C’est à leur source que les actes prennent leur énergie et préparent leur empreinte, leurs conséquences.
Leur source, c’est l’intention derrière l’acte.
Et derrière l’intention…

Qu’y a-t-il derrière l’intention d’avoir une action gentille ?
En premier lieu, il y a l’enfant et les blessures d’âme.

« C’est pas gentil. »
« Tu n’es pas gentil. »
« Si tu étais gentil, tu ferais ceci ou tu me donnerais cela. »
A qui s’adresse ces paroles ? Et qui les dit ? L’enfant. Et le parent (ou autre) qui tente de contraindre l’enfant en lui inculquant de la honte de ne pas être conforme à ses attentes (qu’il estime légitimes).
Beurk !

« C’est pas sympa » ou « C’est pas gentil », ça n’a rien d’un constat : c’est une sentence et c’est une invalidation infantile de cet autre qui n’aurait pas dû être ou faire ça.
Infantile dans le sens où un adulte dans sa force (et pas dans la manipulation), ne dit pas ce genre de phrase: c’est le petit (parfois dans un corps de grand), frustré, mécontent, qui ne reçoit pas ce sur quoi il comptait, qui parle ainsi. Derrière, il y a une colère qui ne se dit pas… et/ou éventuellement de la peur et/ou de la tristesse. Toutes ces émotions sont d’importantes messagères… et ont besoin d’être reconnues plutôt que niées, étouffées derrière le coussin du rejet de la faute (imaginaire) sur l’autre. Au lieu de traiter la blessure qui se manifeste par la souffrance, le petit met maladroitement un pansement en projetant que c’est le problème vient de la méchanceté de l’autre.

Quand on est pleinement adulte, avec son enfant intérieur cajolé/soigné et à sa bonne place dans son coeur, on ne cherche pas à être gentil : on cherche plutôt à être authentique, sincère, vrai, dans son juste.
Quand on est adulte, on ne cherche pas les interactions avec ce genre de gentils : c’est toxique, énergivore.
Que l’on ne s’y trompe pas : c’est plutôt de thérapie dont le gentil a besoin, pour s’autoriser à sortir de ce comportement qui lui nuit et nuit aux relations nourrissantes dont il a désespérément besoin.

La gentillesse, concrétisée par l’acte généreux et désintéressé, peut certes être un pur élan du cœur.

Mais dans ce cas, la personne ne se sent pas gentille : elle est simplement dans l’amour et se laisse agir depuis cet espace, pour son propre plaisir, avec joie et gratitude, sans le faire pour être gentille ni en attendant un quelconque retour sur investissement.

Quand on agit par gentillesse, c’est carrément tordu en fait, la plupart du temps : car cela relève de sentiments insidieux, créés pour nous avilir, tels que la culpabilité et la honte.
Si j’agis par gentillesse, c’est en fait un acte de lâcheté avant tout : parce que j’ai peur que l’autre me dénigre, ne me comprenne pas, ne m’accepte pas, parce que j’ai peur de la confrontation, pour paraître cool/sympa, pour (me) faire croire que je suis quelqu’un de bien, pour qu’on me foute la paix… et c’est très rarement un vrai élan du cœur.
En plus, cela implique souvent une dette malsaine (non dite), puisqu’il y a l’idée du sacrifice de la personne gentille.

La gentillesse n’a rien à voir avec l’amour, c’est plutôt de l’ordre du déni de l’être et de sa puissance, de la condescendance, du déshonneur, de l’humiliation, de la trahison de soi et de la relation, de la contrainte psychique, de l’asservissement à des normes ineptes…
(Grrr… J’ai un peu de colère là.)

Non, dans ce sens, je ne suis pas gentille. Je cherche plutôt à être dans mon juste, avec la certitude que quand je touche à mon juste, depuis et dans mon coeur-âme, et que je l’assume, c’est en lien avec le cœur de l’humanité et de ses véritables besoins.

C’est là que je suis à ma place, pas dans le rôle de la petite, gentille, fausse et craintive, qui veut se faire bien voir.

Dans ce sens, c’est quoi la gentillesse ?

Lâcheté, peur de ne pas être accepté en me montrant dans mon vrai.
Attitude de l’enfant qui a éperdument besoin de plaire pour être aimé et exister (et qui se prolonge chez le parent qui donne tout à ses enfants et les laisse tout faire, sans cadre structurant, en prétendant que c’est de l’amour).
C’est aussi la porte ouverte aux abus, puisque c’est méchant/vilain de dire non.
Et c’est l’incompréhension des besoins humains et des fondamentaux pour des relations nourrissantes.

En fait, c’est un symptôme à traiter en urgence… car de la découlent de graves malaises et maladies. En effet, combien de personnes tombent malades physiquement et/ou mentalement parce qu’elles s’épuisent à faire ce qu’il faut pour être conformes à ce qu’elles croient que l’autre souhaite ? C’est-à-dire à cause de la croyance qu’il faut être gentil pour être aimable et donc aimé.

Pourtant, les gentils ne sont pas véritablement aimés. Pourquoi ?

Non parce qu’il faut être un mauvais gars/homme ou une mauvaise fille/femme pour être aimé.
Mais parce qu’il faut tomber le masque pour être aimé pour ce qu’on est. Et la gentillesse est un masque, tout autant que la méchanceté : on se cache derrière un comportement qui ne révèle pas l’être et sa puissante vulnérabilité.

La gentillesse (tout comme la méchanceté) c’est une faille qu’on ferait bien d’aller véritablement sonder et nettoyer de ses empreintes psychiques, pour permettre une cicatrisation saine… éviter de tourner en rond dans les mêmes problématiques. Pouvoir enfin se révéler à soi et au monde. C’est un passage obligé pour devenir véritablement adulte et capable d’interagir avec d’autres vrais adultes, conscients, responsables, dans leur sensibilité et leur puissance.

De là, les actes « gentils » peuvent tout à fait se poser naturellement : les humains connectés agissent depuis leur cœur et donc avec cette intelligence qui soutient, valide et nourrit autrui (qui est alors considéré comme un frère, un partenaire).
Mais ce n’est pas pour être gentil… et ça change tout.

C’est peut-être un peu dur ce que j’écris là : une re.prise de conscience toute récente, suite à un cadeau de la vie (certains appelleraient ça une épreuve).

Vivre le Tantra, c’est garder le corps, le cœur et l’esprit ouverts, oui…

et c’est aussi savoir sentir le juste, de savoir respecter et assumer ses choix, et aussi trancher quand c’est nécessaire.
C’est être dans sa puissance, en contact avec son intériorité, ancré, aligné, connecté, souple, mouvant car vivant, stable néanmoins.
C’est apprécier le oui, et aussi poser et honorer le non (et le oui à autre chose qu’il y a derrière).

Quant aux gens qui se pensent vraiment gentils et désintéressés, qui n’attendent vraiment pas de retour et même refusent un quelconque remboursement… Oui ils existent.
Et pourtant ce n’est pas toujours aussi bon que ça le paraît.
D’une part, si c’est vraiment depuis l’amour que l’acte a été posé, le retour/remboursement est accepté et accueilli avec joie et gratitude, comme preuve que l’être soutenu s’est renforcé. On le laisse alors se valider et grandir encore… tant qu’à lui proposer d’orienter plutôt son remboursement vers une autre personne/association, pour faire circuler l’amour encore plus…
D’autre part, l’être généreux a-t-il conscience de ses moteurs (et de ses contraintes psychiques) et qu’il agit toujours pour lui avant tout ? (Car il s’agit aussi de sortir de la fausse humilité, de la honte d’oser se croire au centre de son monde : c’est simplement une réalité… qui implique la nécessité de prendre soin de soi avant tout… et c’est loin d’être le plus facile !)

Plutôt qu’être gentille, j’ai donc décidé de cultiver la conscience et l’amour.

Et ça fonctionne bien ! Merci.

« Gentil n’a qu’un oeil »… et moi j’en ai deux… voire trois… ou bien plus encore, car les autres organes ont aussi leur façon de voir…

Au plaisir de vous re.rencontrer dans votre authenticité !

Namasté

Nelly

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