Le pardon. Le par-don.
Un vaste et beau sujet, que j’ai envie de traiter aujourd’hui de cette façon.

Je vois plusieurs niveaux au pardon :

* Le niveau moral… et ça ce n’est certes pas celui qui intéresse le Tantra : c’est dans le clivage bien/mal, la bienséance, la morale assénée par l’extérieur qui indiquerait la bonne façon de penser et d’agir, etc
C’est aussi la source des sentiments de honte et de culpabilité, qui sont des conditionnements contre-nature à déconstruire vivre libre.

* Le niveau émotionnel… et là il s’agit avant tout de pardonner pour trouver paix, sérénité à l’intérieur, se sentir mieux en soi et dans ses relations… et c’est important voire fondamental pour la vie humaine.

* Le niveau psychique… où ça a du sens de pardonner aux autres, y compris à ses parents, en tant que partenaires précieux, miroirs de comportement, reflets de nos failles.
Et c’est utile de pardonner aux autres sans être dupe : nous avons notre propre responsabilité et notre libre arbitre, peut-être aussi notre destin et notre karma.

* Le niveau spirituel… où le pardon se vit au-delà de tout jugement : accueil inconditionnel, ouverture totale du coeur, connexion au Grand Tout, Vision et Union au Sacré en toute chose, une attitude qui transcende toutes les considérations de la 3D, du mental, de la « justice »…

Demander pardon ?

Quant à demander pardon, c’est à mon sens avant tout une démarche de libération des réflexes égotiques qui nuisent à la circulation de l’amour en ce bas-monde. C’est un acte d’humilité et de tendresse (des préalables à l’amour ?) Pour moi, demander pardon, ce n’est pas forcément parce que j’ai commis une faute: c’est pour mieux accueillir l’autre qui souffre. « Pardon de t’avoir blessé.e » ce n’est pas parce que je m’autoflagelle, que je suis une mauvaise personne, c’est pour considérer le vécu de l’autre, adoucir sa peine, m’ouvrir à la compassion, lui permettre de s’apaiser, nous permettre de nous ré.ajuster, de re.tisser ensemble dans la Toile… et en fait de nous entre-compléter, de devenir meilleur (moins dans la dualité, plus dans la compréhension que nous ne sommes pas si différents et que nous différences sont des richesses, davantage de fluidité et de partage).

Une phrase de sagesse que m’a été offerte naturellement par une femme que j’aime et estime particulièrement (ma sœur aînée) :
(Lorsque j’étais dans les affres d’un divorce qui me faisait bien bosser… et dont la traversée des tourments m’a permis de me libérer de bien des charges/croyances…)

« Nelly, tu veux avoir raison ou tu veux être heureuse ? »

En effet, j’étais dans mes blessures d’ego et d’âme aussi, la justification, l’attente du pardon de l’autre… Et j’ai fait le choix d’être heureuse… et ça marche !

Je vois 4 écueils à la demande de pardon :

1/ Croire que le pardon ne peut être accordé que par l’autre, même Dieu : le Tantra considère qu’il y a une parcelle de Divin en chacun.e, et nous pouvons nous pardonner à nous-mêmes et aux autres si le coeur nous en dit, si nous en sommes capables.
Quant au choix de ne pas pardonner, il ramène au libre arbitre et peut-être aussi au déni, à la négligence, à la méchanceté, aux émotions qui ont besoin d’être accueillies véritablement pour être transcendées, au manque de fluidité dans l’énergie, au rythme propre à chacun.e, au choix conscient ou inconscient de rester identifié à la douleur créée par cette trahison… C’est ok : chacun.e vit son expérience selon ce qu’il est et ce qui le caractérise sur le moment.

2/ Croire que « tout est juste » à tel point qu’on est aveugle/hermétique à la détresse de l’autre ou de cette part de soi qui se manifeste par sa douleur… et se raconter qu’il est vain/inapproprié/faible de demander pardon, qu’on a bien fait et que l’autre n’a qu’à s’en satisfaire, que c’est à lui de faire son boulot.
Oui et non : à chacun.e sa part certes, mais ai-je vraiment fait ma part : est-ce vraiment pacifié et plein d’amour en moi… ou bien je choisis de couper pour me préserver ? Et dans ce dernier cas, qu’est-ce que je cherche vraiment à protéger en moi ? Mon ego (j’ai raison, il/elle a tord) ou mon être (qui est aspiré/pompé par des énergies néfastes pour moi à ce moment de mon évolution) ?

3/ Croire que le gagnant c’est celui qui reçoit une demande de pardon, que c’est humiliant de demander pardon (ou qu’on doit s’humilier pour demander sincèrement pardon) : dans l’essence, demander pardon est un acte de conscience et de courage.

4/ Attendre le pardon de l’autre pour se pardonner soi-même : comme pour toute demande, il est fondamental de laisser l’autre libre de sa réponse et de se libérer soi-même de la réponse de l’autre. Ainsi, pas de tension en soi et dans la relation, pas de dépendance ni d’attachement aliénant.

Désolée. Pardon. Merci. Je t’aime. Je m’aime.

Vous connaissez la méthode Ho’oponopono ?
Eh bien j’y ai mis une extension : j’entends certains dire « Je t’aime » et d’autres dire « Je m’aime » ; je sens plus cohérent de dire « Je t’aime. Je m’aime. »

Une précision :
En systémie (constellations familiales), on ne pardonne pas à ses parents: on les remercie pour la vie. J’aime bien aussi cette idée: remercier pour l’expérience, c’est aussi une façon de transcender le pardon, qui peut parfois être de façade, pour se donner bonne conscience, se persuader qu’on a fait le boulot. Merci, depuis le coeur et l’esprit ouverts, ça peut aller plus loin que le pardon (qui peut rester au niveau mental : parce qu’il faut) et davantage dans l’amour et l’élan de vie.

Voilà ma façon de voir le pardon à ce jour.

Et toi ? Quel est ton sentiment et ton vécu à l’égard du pardon ?

Namasté

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