Martin Bilodeau a traduit quelques passages d’un des nombreux enseignements donnés par Osho :
The path of the mystic 
Spiritual Retreat, Teachings by Osho
4-5 May 1986, Punta Del Este, Uruguay

Ici, Osho parle de « l’échec du tantra » :

« […] ce qui s’est passé, c’est qu’ils ne sont jamais allés très loin dans la méditation, la méditation est restée secondaire. Et la sexualité de l’homme s’est révélée si puissante qu’au nom du tantra, elle est devenue une simple orgie sexuelle. Sans méditation, cela allait arriver !

La méditation aurait dû être la chose la plus primaire parce que cela va transformer l’énergie, mais c’est devenu secondaire.

Et beaucoup de gens, sexuellement pervers, sexuellement refoulés, ont rejoint l’école du tantra. Ce sont les gens qui ont apporté toutes leurs perversions, toutes leurs répressions. Ils n’étaient intéressés par aucune transformation, ils voulaient seulement se débarrasser de leurs répressions, leur intérêt était fondamentalement sexuel. »

Et plus loin : « Donc, bien que le tantra ait une part de vérité, il ne peut pas être utilisé correctement. À moins que cette pièce de vérité ne soit placée à la deuxième place et que la méditation passe au premier plan, il arrivera toujours que dans le tantra, les gens commettent toutes sortes de perversions. Ils n’auront pas l’impression de faire quelque chose de mal, ils auront le sentiment de faire quelque chose de religieux, de spirituel… »

Eh oui ! Comme partout et comme pour tout autre sujet, en Tantra, on trouve de tout : des personnes plantées dans l’être, des personnes désaxées et/ou en quête, des personnes blessées, des personnes dangereuses, des personnes au début de leur chemin de déploiement, des personnes en chemin depuis un certain temps, des personnes vulnérables et même fragiles, des personnes en quête d’amour et/ou de sensualité/sexualité, etc… et des mélanges de tout ça… et puis les humains sont si variables (incasables en fait : par exemple, une même personne peut être très ouverte et très obtuse selon le sujet ou le moment)… et nos perceptions sont tellement fonction de ce que nous nourrissons/voulons/nions/négligeons en nous-mêmes à ce moment…

Alors, ainsi que le perçoit Martin Bilodeau, il me semble aussi que le Tantra est loin d’avoir échoué.

D’une part, parce que dans le cas cité par Osho, ce n’est en fait pas le Tantra qui est en cause, mais les façons dont certains humains l’interprètent et l’utilisent à des fins égotiques et hédonistes, bien loin de ce qu’est l’essence du Tantra.
D’autre part, parce que je rencontre de nombreuses personnes qui vivent et émanent le Tantra dans leur quotidien… ou font de leur mieux en ce sens (même si elles n’appellent pas forcément cela Tantra, c’est ainsi que je le perçois).
Il me semble intéressant de souligner qu’Osho a toujours joué à dire tout et son contraire, tout en restant dans le juste. En effet, il avait intégré le principe de non-dualité, si bien que tout est une part de vérité (et puis chacun interprète à sa sauce, selon son prisme du moment, ce qui l’arrange de percevoir).
Et en effet, si vivre le Tantra, c’est être en présence le plus possible, faire l’amour à la Vie, coller à sa réalité du moment sans volonté de changer (ou de changer « l’extérieur » : les autres, les situations…), remonter le fil de ses émotions/sensations, s’y abandonner, laisser les énergies faire leur oeuvre en soi et par soi, sortir de l’ego et des croyances/mécanismes, aller vers plus de liberté… et c’est donc méditer, tout « simplement ».

J’ai le plaisir de rencontrer des personnes qui n’ont jamais entendu parlé de Tantra et pourtant le vivent naturellement et parfois de longue date… et j’ai rencontré aussi des personnes qui ont fait des dizaines de stages de Tantra et pourtant ne vivent pas cette ouverture corps/coeur/esprit, ce lien à la Vie, dans leur quotidien (même si certains se considèrent Tantrikas).

En effet, toutes les pratiques tantriques sont creuses sans la conscience de ce qui se joue en soi et dans la relation : même si l’on n’en perçoit qu’une partie et parfois un peu plus (et qu’il ne s’agit d’ailleurs pas de s’analyser comme en thérapie), l’idée est avant tout de vivre son incarnation, de coller à ses propres sensations, de vivre le présent, de s’ouvrir et s’abandonner à plus grand que soi…
Pour moi, le Tantra, c’est partout et à chaque instant : accueillir la Vie et ses présents, s’accueillir, accueillir l’autre et sentir ce qui résonne à son contact, s’écouter et suivre le flux, faire des choix conscients (en sachant néanmoins qu’ils sont souvent dictés aussi par notre inconscient relié à tant et tant de fils), res-pi-rer, rire, pleurer, jouer, vivre complètement ses émotions sans s’y perdre, se respecter et respecter chaque autre (la traduction « tissage de l’amour » me plaît aussi), relativiser (savoir prendre de la distance) tout en s’impliquant dans la Vie et ses propositions, etc.

Alors comment prétendre que le Tantra ou la Vie aient échoué ?

Pas encore en tous cas !

Et quand bien même les humains voire toutes les formes de vie actuellement connues venaient à disparaître, serait-ce réellement un échec ? (Sommes-nous aptes à juger de ce qui devrait être ?)
J’ai le sentiment que nous sommes si petits et si éphémères (en tant qu’êtres incarnés) et que nous sommes aussi d’infimes (et fondamentales) parties de tellement plus que cela… (Peut-être que cette croyance n’a pas de réalité concrète, mais il paraît aussi que la pensée est créatrice…)

Au plaisir de viiivre chaque instant !
Namasté

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