– Grand-mère, que fais-tu quand tu as peur ?
– Je m’allonge. Juste à côté de la peur. Je caresse ses cheveux, je la regarde dans les yeux, je la renifle. Et si je me sens particulièrement courageuse, je peux même m’endormir avec elle..
Je m’abandonne à sa présence. Je la laisse entrer dans mes rêves,
je l’écoute murmurer, je la laisse habiter mon corps.
Je suis avec elle…
Jusqu’à ce qu’elle décide qu’il est temps de partir.
– Mais comment ne pas être submergé par elle ?
– Elle ne te submerge que si tu la pousses hors de ton lit.
Ou si tu te lèves en refusant de le partager avec elle…
Lorsque tu sens que tu as peur , jette-toi sur ton lit, lâche le contrôle de ton corps et de ton esprit et laisse la peur s’allonger à côté de toi…
Il te faut dormir avec la peur…
Pour pouvoir t’en réveiller.
– Tu dis qu’elle vient pour me réveiller ?
– Toujours. Elle t’emmène voir les monstres de ton passé.
Pour pouvoir jouer ensemble, pour les déshabiller des vêtements que tu leur as donnés à l’époque; pour les regarder avec des yeux neufs…
Il te faut embrasser tes monstres intérieurs, ressentir leur fragilité, leur sensibilité, leur sainteté…
La peur vient te convier… A célébrer les ténèbres.
Elle s’habille en noir pour servir de fond à toutes les autres couleurs, qui autrement ne pourraient pas être vues.
C’est la sale vocation de la peur : elle force à mettre les mains dans la boue intérieure. Que tu refuses absolument de voir.
A l’opposé, plonge dans toute cette boue.
On ne trouve là que les pierres les plus précieuses.
Elena BERNABÈ

 

Oui je m’endors souvent avec la peur. Peut-être même chaque fois que je m’endors (je me sens si vulnérable dans la fatigue)… Et au réveil, la transmutation s’est faite, vers la confiance, l’élan de vie, l’enthousiasme, la faim (de vivre pour de vrai)… 
En fait, la meilleure chose à faire quand j’ai peur ou que je suis triste ou en colère… c’est d’aller me coucher ou d’aller marcher en relation avec la Nature (même en ville, il y a de la Nature).
Pas nécessaire que ce soit pendant des heures (quelques minutes c’est déjà bon), mais nécessaire que ce soit en conscience, en relation intime avec ce que je vis (et donc sans médicaments ni autre drogue, sans fumer ni « connexion » internet ni bavardage…)
Tendresse, dans l’accueil de tout ce que nous sommes et de nos vrais besoins !
Nelly

Excellent documentaire au sujet de la peur et le désir et la vie… :

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