Quid de la nudité en Tantra rouge ?

par | Avr 16, 2017 | Tantra | 1 commentaire

S’il y a autant de façons de conce.voir et de proposer le Tantra que d’animateurs ou d’équipes d’animation, on distingue néanmoins deux voies principales en matière de stages Tantra.
(Un stage de Tantra qui ne serait pas basé sur des pratiques, dans l’esprit, ne serait pas un stage de Tantra à mon humble avis).

On parle de Tantra blanc et de Tantra rouge, ou de Tantra de la main droite et de Tantra de la main gauche.

Selon ma compréhension, la différence principale entre ces formes de Tantra (au fond, c’est pareil et ça conduit au même endroit, dans la perception du Sacré, de l’Un/Unité) se situe au niveau de comment on vit/joue avec le corps et la nudité.

Autre différence importante : le Tantra blanc est très codifié (et rares sont ceux/celles qui sont validés à l’enseigner), avec des pratiques précises, une ascèse dans la forme aussi ; alors que le Tantra rouge prône l’expérience, l’expérimentation, la liberté d’être et d’agir selon son élan… si bien que tout peut y être inclus.

« Tant qu’on est dans l’Esprit, on peut tout faire. Parce que quand on est dans l’Esprit, on ne fait pas n’importe quoi. » – Richard Dhondt, animateur Tantra Sud-Ouest.

C’est au Tantra rouge que j’ai été initiée et c’est celui qui se vit dans les stages Tantra Sud Ouest. Cette voie correspond à ma personnalité et à de nombreuses personnes et à de nombreux couples dans nos pays occidentaux.

Dans le Tantra rouge, la nudité (en lien avec les principes d’authenticité et de réalité) est abordée à différents niveaux : physique, émotionnel, intellectuel, psychologique, spirituel.
D’ailleurs les massages honorent le corps dans sa globalité, et donc souvent dans sa nudité si c’est ok pour le.la massé.e et le.la masseur.euse.

Il n’est absolument pas souhaitable de s’obliger à quoi que ce soit, car si la personne se fait violence et doit se dissocier de son émotionnel pour supporter une épreuve, cet exercice n’a plus aucun intérêt, ni pour elle ni pour la ou les personnes avec lesquelles elle pratique, et ne fait que valider son traumatisme.

Un stage Tantra ne remplace pas un cursus thérapeutique, mais il peut le soutenir et permettre de réactualiser : de voir le travail accompli et l’intégration de ses résultats, par l’expérimentation en douceur, dans le cadre bienveillant et compétent, mis en place par les animateurs.trices.
Un stage de Tantra permet de mieux se connaître, parfois de renaître, de mieux s’accepter, de mieux (s’)aimer, de mettre du sens à sa vie et à ses actes… Et l’écoute ainsi que le regard bienveillants de l’autre nous y aident.

La nudité fait partie d’un processus de dépouillement, d’être en vérité.

Il s’agit de se révéler à soi-même et de laisser l’autre nous accueillir tel.le.s que nous sommes, aussi au niveau corporel. Comprendre aussi que nos jugements sur nous-mêmes n’ont pas grand chose à voir avec la réalité… et qu’ils ne nous servent qu’à nous perdre en justifiant nos croyances. Rien à voir entre la belle qualité qu’est l’humilité et se croire différent/moche/gros/inadapté : là il s’agit d’ego mal placé, et les pratiques/rituels tantriques soutiennent l’être à se réveiller/révéler, aussi en remettant l’ego et le mental à leur bonne place de serviteurs.
Le corps, le coeur et l’esprit sont nos centres de base, complémentaires et imbriqués ; nous avons besoin de vivre en les associant, en constatant les liens tissés entre eux et avec les autres, les événements, les éléments… pour retourner à la Conscience de l’Unité.

De nombreuses personnes viennent au Tantra parce qu’elles ne se sentent pas complètes : elles sont morcelées, coupées au niveau de leur sexe ou de leur cœur, seules dans leurs relations, etc ; les structures (pratiques dans le cadre), rituels, échanges, partages… œuvre pour la Relation (intérieure et extérieure), tout en douceur.
D’autres personnes ou couples viennent en stage pour apporter de nouveaux ingrédients, une nouvelle dynamique à leur vie, à leur sexualité… et cette nourriture va en effet les amener vers des strates encore inexplorées, profondes et nourrissantes.

Longtemps j’ai mené ma vie pour éviter ce qui me faisait peur. Un jour, j’ai compris que ce qui m’inquiétait était en fait souvent le signe d’une résistance mentale… et de dépasser ma peur, d’aller vers ce qui me fait me sentir mal à l’aise (en respirant, en restant attentive à ce qui se passe en moi), me permet d’être plus libre, en confiance, dans ma puissance.

C’est l’histoire d’Eros et de Thanatos : la pulsion de vie et celle de mort.
La vie représentée par nos désirs et la mort par nos peurs…

Donc à la question «  y a-t-il nudité en stage ? », la réponse est « oui, la nudité peut être proposée, mais pas ce n’est pas systématique et jamais obligatoire ». L’important c’est d’être en vérité, aussi avec ses limites, ses « non », ses émotions…
Ombres et lumière font bon ménage.

Un gros travail est d’ailleurs, pour de nombreuses personnes, d’apprendre où sont leurs contours/limites et de les poser : de dire « oui » ou « non » simplement, sans culpabilité ni justification (et d’apprendre qu’un « non » ou un « non, merci » est une réponse complète… et aussi un « oui » à autre chose voire à Soi…)

Un truc drôle : nombreuses sont les personnes qui sont freinées (à venir en stage) par l’idée de la nudité en groupe (la honte, la peur du jugement…)… et c’est rarement ce qu’elles retiennent de plus important en fin de stage.
C’est une étape vers Soi, vers l’Un ; ce n’est pas plus impliquant en fait que de se livrer à coeur ouvert, ou d’être à l’écoute de la résonance des vibrations de l’autre en soi, ou de laisser son corps danser/célébrer la Vie, ou d’entendre une phrase qui continue de faire des ronds et de nourrir son être…

Alors… quel intérêt à la nudité ?

* Lâcher les masques, les costumes, l’apparence que l’on veut se donner, les jugements, les identifications… pour retourner à la Source, à la puissance véritable, par/grâce à la vulnérabilité, la sensibilité retrouvée (et non la sensiblerie, l’émotionnalité dans laquelle on peut se perdre aussi facilement qu’en suivant le mental).
* La sensation, renouvelée d’instant en instant : l’air sur la peau, l’huile sur la peau, le peau à peau… Non seulement c’est délicieux, et aussi cela sort du processus mental… aussi grâce au cocktail hormonal dont les êtres bénéficient alors. Et ce retour à la félicité permet de se rapprocher de l’état extatique, du sentiment d’Être.
Marcher pieds nus (voire marcher nu.e) est important aussi, et c’est un rituel d’autant plus joyeux lorsque c’est en pleine conscience de cette nudité.
* Pour ceux/celles que la nudité inquiète, se libérer des croyances invalidantes, mieux (s’)aimer, tout simplement. Retour à la simplicité, à la base, pour naître consciemment à nouveau, dans/à chaque instant.
* Et fondamentalement : sortir du fantasme. Le Tantra se vie dans la réalité, le concret, le présent, l’ici et maintenant, à chaque instant, dans la conscience-inconscient-retour à la conscience, avec le voyage au travers des différents états humains (le centre dans le chaos, le cercle dans centre, la permanence de l’impermanence…)
Vivre le Tantra, ce n’est pas en restant isolé.e chez soi, devant un écran ni même dans des livres, ni en (s’)oubliant dans des addictions et des comportements d’automate.
Tout peut faire partie d’un chemin tantrique… pour peu qu’à moment donné, on y re.mette de la conscience. Et à partir de ce moment, naturellement, on change de façons pour façonner sa propre vie/voie/voix, et devenir ce qui pré-existe au fond mais à quoi on n’avait pas accès auparavant, ce à quoi on ne se donnait pas accès auparavant.
Rien à regretter, pas de remords à nourrir : l’avant faisait aussi partie du chemin !

Le rôle des animateurs.trices est d’accueillir chacun.e où il.elle en est, de le.la soutenir dans sa compréhension, à son propre rythme. Offrir la possibilité de se laisser Être, en sécurité.
Ton corps-coeur-esprit sait ce qui est bon bon pour à chaque instant ; écoute-le et marche ton chemin !

Douceur et profondeur font bon ménage.
Tout comme confiance et vigilance.

Bienvenue en stage Tantra Sud-Ouest si ton corps-coeur-esprit en a l’élan !
Quels risques ? Viiivre ! et y prendre goût.

Au plaisir !
Namasté
Nelly

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1 Commentaire

  1. Philippe

    Merci pour ce beau partage. L’abandon du mental vient par le passage du toucher, de par un autre être , on oublie la vue sur cet instant.
    Le massage, le toucher du linguam procure un abandon , une méditation étonnante. On ne m’a pas appris ça, ces moments sont une vraie connexion à son être intérieure grâce à l’autre.
    Namasté

    Réponse

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