Tantra et sexualité

par | 15 Sep 2023 | Sexe / Genre / Sexualité, Tantra | 2 commentaires

L’autonomie dans l’altérité.

Je suis ravie et fière de savoir/pouvoir de plus en plus me débrouiller seule, au niveau informatique aussi.

Heureusement, j’avais déjà une formation plutôt solide pour travailler sur ordinateur. Encore faut-il continuer d’apprendre sans cesse, se réactualiser, faire avec les outils nouveaux…

Mes résistances au changement tombent.

Or, ce qui nuit à l’évolution, c’est surtout les résistances… elles-mêmes en lien avec les peurs.

J’ai vu et accompagné mes peurs : ne pas y arriver, mal faire, être critiquée/jugée, ne pas avoir besoin des autres, avoir besoin des autres et dépendre de leur bon-vouloir, abuser, être abusée, que tout mon boulot tombe à l’eau, passer/perdre ma vie en virtuel devant l’écran…

J’avance…
Et voici une création Canva que j’ai réussi à insérer toute seule sur le site.

J’apprécie vivre en 2024 !

 

 

 

 

Voilà un sujet drôlement sensible… car tellement important.

En effet, l’amalgame est vite fait entre Tantra et sexualité, particulièrement entre Tantra rouge et sexualité.

Certain.e.s projettent même que le Tantra rouge se pratique dans/par/avec rapport sexuel.

Tout comme certain.e.s cherchent un “massage tantrique” et parfois précisent “avec libération” (comprendre “avec éjaculation”) pour parler d’un acte de prostitution qu’iels refusent de voir comme tel.

Voilà j’ai mis les pieds dans le plat. Et maintenant, touillons/patouillons bien là-dedans et laissons décanter, pour en sortir l’essence/l’essentiel/l’essence-Ciel…

Je discutais justement aujourd’hui avec une animatrice Tantra (depuis 5 ans) qui essaie depuis peu d’instaurer la règle “pas de relation sexuelle excitatoire pendant toute la durée du stage” (c’est ma formulation ; elle en parle différemment), après avoir remarqué que oui certaines personnes venaient en stage pour cela et mettaient leur énergie à cela plutôt qu’à intégrer les bases du Tantra.
Iels l’ont facile, celleux qui prétendent qu’en Tantra (stage ou autogéré) c’est à chacun.e de faire en fonction de ses propres désirs/besoins/consentements, comme les adultes qu’iels sont. C’est seulement oublier que la vocation des stages (les miens en tous cas) c’est avant tout de revenir à Soi, à l’essence, en son centre, à l’être en soi… et qu’il y a du boulot pour cela ! Nécessaire de ne pas se disperser et être dispersé.e.s faute de cadre permettant d’avancer dans une direction opportune (plutôt que de continuer de nourrir nos mécanismes, masques et autres superficialités de basses fréquences).

En préambule

Quand j’ai commencé à animer des stages Tantra, il y a presque 10 ans, je disais « Tantra : voie de l’Amour et de la Sexualité Sacrée ». Cela parlait de ma compréhension de l’époque, et cela me parle toujours en partie. Aujourd’hui, j’écris « Tantra : voie de l’Amour et de la Relation consciente », car je vois Tout comme sacré, faisant de la sacrée Expérience de l’incarnation, de la dualité, de l’Esprit fait matière et évoluant dans la création spacio-temporelle… Et le challenge, c’est au-delà de la sexualité, c’est à tous les niveaux de nos relations… vers davantage d’Amour, de Conscience, de Joie, de Vérité, de Paix…

Quid de la sexualité ?

Oh que ouiii la sexualité est fondamentale à bien des endroits/niveaux !

Et l’humain.e en a bien conscience, dans son corps, dans son cœur, dans sa tête, et je dirais même au niveau de l’âme et de l’esprit : dans le partage/l’échange énergétique, vibratoire, la communion, l’Union… Oui la sexualité est un besoin vital pour l’être, pour la relation pleinement vécue, pour l’espèce, pour la fonction-même de la Vie ici-bas.

Mais qu’est-ce que la sexualité ?

Il s’agit de ne pas confondre sexualité et génitalité.
Or, dans une société matérialiste, prônant la superficialité, le consumérisme, prétendant que l’âme et l’esprit n’existent pas… c’est trop souvent le cas.

De mon point de vue, la sexualité c’est bien au-delà du rapport sexuel : cela part de la conscience de soi et de l’élan à vivre, donc à entrer en relation, dans l’expérience de vivre. C’est l’énergie vitale qui circule en soi, au travers de soi, entre soi et ce qui n’est pas soi. C’est aussi la conscience d’être sexué.e (muni.e d’un sexe, né.e du sexe, par le sexe, pour le sexe ?) La sexualité, cela me parle aussi d’intelligence : d’écouter ce qui se dit/manifeste dans ma zone génitale, dans la relation à ceci ou cela, à celui-ci ou celle-là. Et cette intelligence se vit -et parfois se transmet naturellement- par l’attitude intérieure (respiration, expansion, fluidité, positionnement dans sa base, écoute par toutes ses fibres…)

C’est d’abord d’avoir conscience de ce qui nous anime (en particulier : peur/manque ou Amour ?), et de sentir cette énergie vitale/libidinale, ce qui se vit aussi dans notre zone génitale et lui laisser prendre bien plus de place tout en lâchant tout identification ou réaction. Il s’agit de se laisser être poreux.se au flux vital, de se laisser être réinitialisé.e, réénergisé.e, soutenu.e par Plus Grand d’instant en instant. Cela coule/s’écoule autant vers l’intérieur de nos contours/limites que vers l’extérieur, avec ce lieu d’alchimie qu’est le centre du Coeur. L’expérience de l’Un, de l’Unité, du Tout.
C’est dans le lâcher-prise autant que dans la maîtrise que cela se vit, car le mental serait prompt à nous ramener à des croyances… tellement de schémas névrotiques, fallacieux, superficiels, enfermants, limitants, manipulatoires…

Sexualité et intimité

Un grand Oui à l’intimité, même et surtout en stage Tantra, surtout dans un cadre sécure (respect de soi et de l’autre, donc confidentialité).

Mais appelons un chat un chat : une relation intime n’implique pas forcément une relation sexuelle, n’est-ce pas ? Et une relation sexuelle peut d’ailleurs être jouée sans véritable intimité : seulement les corps et les sexes qui se rencontrent, alors que l’intimité se vit à un tout autre niveau.

Je dirais même que le Tantra nécessité l’intimité, c’est-à-dire de déposer les masques sociaux le plus possible, de se montrer avec authenticité, d’ouvrir son corps (que ça respire et se détende !), son coeur (se relier à son monde émotionnel et accueillir celui de l’autre, des autres) et son esprit (accueillir ce qui nous traverse, oser se dire, écouter vraiment, se laisser être réactualisé.e…)

Laisser accès à sa vérité du moment et aller avec ouverture à la rencontre de la vérité des autres, c’est au service de la Relation, de la Vérité, du Vivant, de l’Amour, de la Conscience.
Laisser accès à sa vérité du moment : ce qui se passe véritablement en moi, c’est-à-dire ce que je sens, vis, pense, fais, depuis où j’agis, quels sont mes croyances et mécanismes… et cela change puisque ce n’est pas vraiment Soi mais seulement ce à quoi on s’identifie très/trop souvent.
Aller à la rencontre de la vérité des autres : des perspectives différentes et complémentaires que les autres représentent dans l’expérience de l’incarnation et donc de la dualité.
Cela est au service de la Relation, de la Vérité, du Vivant… de l’Esprit en somme (surtout si l’on considère que l’expérience terrestre sert l’évolution spirituelle… et que l’évolution spirituelle sert l’expérience terrestre/humaine).
Et pour cela (entrer en intimité, en lien d’être à être, d’âme à âme), différentes pratiques sont merveilleusement efficaces. Il ne s’agit pas de passer son temps à parler/discuter/échanger avec le mental, loin de là.

Il s’agit donc de déposer ses masques encombrants, s’alléger de ses fardeaux identitaires (ce que je crois être), pour entrer dans -ou de revenir à- une profonde intimité (et amitié) avec soi-même. Cela parle de maîtrise de l’ego (sachant que la maîtrise demande de moins en moins d’effort si on accepte de se relier son guide intérieur, son âme) dans le sens de recherche de non-dualité, de lâcher les critiques et jugements : plus ou moins que, mieux ou moins bien que, bien, mal, bon , mauvais, agréable, désagréable “il faut que”… Cela prend souvent du temps car c’est d’approfondir la relation à soi, à ses différentes parts, à ses centres… Il s’agit néanmoins d’un processus indispensable dont il est impossible de faire l’économie si l’on souhaite progresser sur son chemin d’âme, d’être., d’esprit incarné.

Alors prenons soin de notre parler : dire “pas de relation intime” que ce soit seulement pendant les structures (pratiques, exercices) ou pour toute la durée du stage, cela n’a pas de sens.

Par contre, ça a du sens de sécuriser l’espace sacré de la Relation, d’une part par le cadre et d’autre part en n’accueillant pas (ou en excluant) les personnages qui viendraient uniquement pour profiter des autres, leur pomper leur énergie, sans avoir la moindre intention d’apprendre, d’évoluer, de cheminer.
Et c’est très souvent le cas -ou en partie le cas- de celleux qui viennent en stage Tantra avec l’intention -ou l’ouverture à- y avoir une relation sexuelle ou à se trouver un.e amant.e pour l’après-stage.
Je dirais qu’on a le droit bien sûr de venir en stage Tantra en espérant y rencontrer l’Amour et/ou une ou des personnes à revoir par la suite… mais que c’est contre-productif de venir pour cela uniquement (en plus de jolis/agréables moments pendant les pratiques et informels). Alors cette règle “pas de relation sexuelle excitatoire pendant toute la durée du stage” permet aussi de faire le tri et de ne pas être pollués par des énergies lourdes (ou rarement, et cela fait aussi partie du chemin : apprendre à accueillir ses ressentis et à les poser simplement, en identifiant et lâchant la culpabilité puisque ces personnes-là viennent justement nous rencontrer là où c’est délicat pour nous, en utilisant notre gentillesse qui est souvent plutôt du conditionnement et de la lâcheté en fait.)

Une sexualité saine ?

Dans une sexualité saine, on n’est pas dupe.s des jeux de prise de pouvoir sur l’autre. On œuvre véritablement au nettoyage de ses énergies et de sa psyché pour se libérer (des programmes, croyances, jugements…) et éviter de polluer l’autre en se déchargeant (homme comme femme), en l’utilisant comme une poubelle et/ou une source d’énergie sur laquelle on se branche au détriment de l’autre.
En règle générale, cela se fait inconsciemment : on ne connaît pas autre chose, alors on est et on agit comme on croit qu’il faut être/agir ou comme on peut. Bien souvent, la gentillesse n’est pas là où on croit qu’elle est… et cela c’est notre sexe qui sait. Apprendre à res.sentir les signaux/messages de son corps, c’est aussi en apprenant à res.sentir les signaux/messages de son sexe… et cette intelligence-là ne se laisse pas berner par nos croyances et autres créations du mental souffrant, mal aimé ou surestimé. (Le mental est en souffrance et se comporte de façon désordonnée/embrouillée lorsqu’il n’est pas écouté ni respecté pour ce qu’il est, et lorsqu’il n’est pas utilisé selon sa fonction première : au service de l’Être vivant l’Expérience humaine.)

Une sexualité saine est une sexualité consciente, tout simplement.

La sexualité en stage Tantra ?

Je vois la sexualité en tant que libre circulation de l’énergie vitale, qu’espace relationnel (à soi, à l’autre, aux autres, aux événements et situations, au Vivant et au moins vivant…) et aussi que sens à l’expérience humaine.
Selon cette conception, bien sûr il y a de la sexualité en stage Tantra… comme partout j’espère !

Par contre, dans le sens de rapport sexuel, c’est non : pas dans mes stages Tantra… y compris en-dehors des temps de pratiques. J’explique pourquoi et chacun.e s’y engage. D’ailleurs, c’est vraiment à ce moment-là que le stage commence, que l’énergie du stage prend sa place et nous entraîne pas à pas vers nos profondeurs autant que vers le haut.

Et je n’ai tellement rien contre le sexe et les pratiques sexuelles que j’organise même un ou deux stages “sex positive” par an. Et j’y participe. Notre animateur est formidable : Valentin, qui nous vient de Berlin et parle très bien Français.
Ce ne sont pas des stages Tantra et la relation sexuelle y est autorisée. Pourtant il y en a peu : l’accompagnement à sentir nos vrais désirs et besoins et à communiquer en vérité… et tout ce que l’on vit de formidable pendant l’enseignement théorique et pratique, tout cela fait qu’on agit en Conscience, pas par pulsion de décharge. L’Amour y a toute sa place aussi.
J’aurai confirmation mi-octobre pour la prochaine date : probablement avril 2024, peut-être du 6 au 9 (et cela apparaîtra dans la liste des stages).

Tantra et sexualité ?

Je reviens à cette question de base.
En fait, le Tantra pourrait ne pas avoir de lien direct avec l’acte sexuel : il s’agit avant tout de techniques de méditation, d’éveil.
Quant aux frises en bas-relief à l’extérieur de certains temples (photos au bas de cet article, sachant que ce genre de scènes représentent seulement 4% de l’ensemble des décorations des temples de Khajuraho, en Inde…), il semble qu’elles indiquent justement que tout cela reste à l’extérieur du temple, tout autant qu’elles célèbrent la puissance créatrice de l’acte sexuel dans sa dimension cosmique.

Si en Occident, le Tantra est tellement connoté sexe, c’est qu’il s’agit de néo-Tantra en fait, adapté à la folie des Occidentaux… et propre (voire prompt) à les soutenir à monter à Sagesse, en Paix, en Amour, en Conscience… en incluant tout ce qu’est l’humain.e dont cet aspect, en l’éduquant à la relation consciente y compris dans la sexualité.

Le sexe est le socle de la vie terrestre : il est lié à l’énergie tellurique, à l’expérience dans la matière. Il est détenteur du pouvoir créateur… et quand on parle de création il y a aussi le spectre de la destruction, de l’annihilation, la peur du changement, de la mort… d’autant plus dans une société matérialiste qui prétend qu’il n’y a rien avant ni après la mort du corps… Perte de repères, hégémonie des croyances aliénantes au détriment de l’écoute de l’intériorité et du supra-conscient.

Pour aliéner et avilir l’homme et la femme, en faire de la chair à canon, des esclaves… c’est en mettant du trouble dans leur base : la sexualité.
Les religions (celles que l’on nomme religion mais aussi le matérialisme et bien d’autres mots en -isme), créées par des hommes de pouvoir et à leur service (ainsi qu’au service de l’ombre, de l’inconscient, de la dispersion/distraction…) ont fait cela avec brio et cela se prolonge encore et encore, dans la violence.
Les religions ont bien souvent peu à voir avec la spiritualité, dont nous avons éperdument besoin : besoin de sens et d’avoir une direction à notre vie, tant au niveau individuel que collectif. La spiritualité ne se dicte pas : elle se capte par la sensibilité retrouvée/respectée, par l’ouverture corps-coeur-âme-esprit, par la vacuité, par l’écoute intérieure au-delà de la surface… obtenues par des méthodes holistiques dont fait partie le Tantra.

D’ailleurs, je reçois de plus en plus de jeunes qui ne savent pas que ce qu’ils vivent c’est déjà complètement sur la voie du Tantra : iels sont tantrikas sans le savoir. Ils sont plein.e.s d’humilité et soutiennent avec simplicité la montée vibratoire en cours, les énormes et rapides changements de ce tournant particulier. Oui il y a de l’espoir !

Pourquoi pas de rapport sexuel en stage Tantra ?

Allez je fais une liste !

* Cela m’apparaît fondamental pour garantir la sécurité de chacun.e : certain.e.s peuvent vite être rattrapé.e.s par des schémas, croyances, mécanismes… qui ont justement à être rencontrés pour s’en libérer et en libérer la relation.

* Si tu vas en stage Tantra pour avoir un rapport sexuel, est-ce vraiment du Tantra ? Non je ne pense pas. Et le Phénix des Dryades (le lieu dont je suis la gardienne) n’est pas une maison de passe.
C’est un espace magnifique et magique, qui accompagne chaque être en chemin. Un partenaire précieux aussi, qui accueille, réconforte, aide à l’œuvre… d’autant plus qu’il est habité par plein d’ondes/vibrations bénéfiques.

* Si tu viens en stage et que tu as envie d’avoir des rapports sexuels, c’est ok : il y a là une belle source d’énergie qu’on va pouvoir utiliser à l’élévation vibratoire, à ma montée en Conscience, au déploiement de l’Amour. Le désir est à honorer et c’est une énergie vitale, où réside la puissance créatrice : à utiliser en/avec Conscience plutôt qu’en étant mû/mue par notre inconscient. Cela apporte bien plus aux êtres et aux relations que de décharger (qu’on soit homme ou femme, je le répète : il ne s’agit pas seulement d’éjaculation) ou de pomper l’autre. Et là on peut entrer dans la dimension du Tantra.

* Si tu n’as pas envie d’avoir un rapport sexuel, c’est ok et tu n’as pas à te justifier. Ta libido est peut-être ailleurs et c’est parfait si c’est ton choix. Elle a peut-être besoin d’être stimulée pour sortir d’un état de survie, et les pratiques tantriques aident à cela. La libido n’est pas capricieuse : elle parle exactement de là où tu en es et de ce qui t’anime (ou pas) à ce moment. C’est précieux de l’écouter, de faire avec ce qui est et de libérer ce qui bloque la circulation énergétique en toi (cela ne signifie pas de devenir désirant.e envers celui-ci ou celle-là : il s’agit plutôt de se sentir vivant.e, relié.e au Vivant, stimulé.e par la Vie…)

* C’est aussi pour sortir de cet amalgame entre Tantra et sexualité : on n’est pas tantrika parce qu’on fait su sexe sans éjaculer, on peut être tantrika sans avoir de relation sexuelle pendant longtemps, etc. Le Tantra englobe la sexualité (énergie de vie, relation, échanges énergétiques…) mais ne s’y limite pas… et la sexualité ne se vit pas uniquement dans la relation sexuelle.

* On sort de nos schémas ! Il y a bien d’autres façons de rentrer en relation que le rapport sexuel traditionnel/habituel/ordinaire. Et les animateurs.trices peuvent vous proposer des pratiques adaptées aux situations de groupe ainsi que des pratiques pour votre vie amoureuse ou les rencontres entre tantrikas.

* Avoir une relation sexuelle en stage Tantra, cela peut aussi parfois laisser une trace psychique et énergétique voire physique comme un viol : si ton désir se réveille pendant le stage, c’est peut-être aussi grâce au cadre sécurisant. Ton corps comprend qu’il est en sécurité et peut s’ouvrir, laisser la circulation se faire. Si tu le trahis en outrepassant le cadre, tu peux te sentir violé.e même si c’était avec ton plein consentement sur le moment. Si c’est une bonne idée d’avoir un rapport sexuel avec cette personne, ça le restera après le stage, à froid vous pourrez prendre en considération toutes vos parts et en parler.
De nombreux couples se forment en stage Tantra. Parfois pour un temps, quelquefois pour longtemps, et parfois un bébé s’invite…
Non vraiment : on n’a pas s’en remettre une couche sur le sentiment d’avoir été abusé.e, de s’être abusé.e soi-même, sur le sentiment de culpabilité, ni même sur la satisfaction égotique d’avoir chopé telle ou telle personne… Un stage Tantra n’est pas fait pour cela. Je l’ai vu ailleurs, pas dans mes stages jusqu’à présent (quoiqu’il y ait eu des tentatives probablement : la transgression est tentante, d’où l’intérêt aussi de bien expliquer les raisons du cadre et que chacun.e s’y engage par écrit puis oralement dans le cercle du groupe.)

* Comprendre aussi d’où viendrait, au cours d’un stage Tantra, l’envie ou seulement l’accord d’avoir une relation sexuelle.
En effet, il y a là de l’énergie qui circule enfin (plus) librement en soi. Cette vivance re.trouvée peut évoquer l’élan amoureux, comme si le désir et/ou l’Amour devaient avoir un objet pour exister… ce qui est faux. Au contraire, l’Amour se situe au-delà de l’attachement, de la projection, d’un réceptacle. Et le désir c’est l’impulsion de vie : préservons-le.
En outre, les pratiques tantriques provoquent l’ouverture du Cœur et la circulation dans tous les centres, entre tous les centres… et plus particulièrement Cœur-Sexe. Est-il adapté de profiter de cet état pour se laisser mener par l’impulsion animale ou de la psyché ou de l’ego ? alors qu’il y a là matière à justement transcender les basses fréquences et à s’élever bien plus haut, à entrer dans des compréhensions plus vastes, à vivre des moments d’Éveil en somme !

Pourquoi pas de rapport sexuel avec l’équipe d’animation, même longtemps après un stage Tantra ?

Pourquoi y en aurait-il ?
Qu’est-ce qui ferait qu’un.e animateur.trice entrerait en relation sexuelle avec un.e participant.e à ses stages ?
Observer aussi qu’il y a projection donc ascendant, et il n’est pas sain d’être le jouet de cela.
Et là encore, ce n’est pas servir l’esprit du Tantra que de rentrer en sexualité avec inconséquence, poussé.e.s par des pulsions ou des croyances. Dans ce cas, que sert-on en réalité ?

Je vois bien que c’est facile pour moi de donner ce cadre : d’une part il fait partie de ma propre structure, et d’autre part je suis en couple exclusif et heureux depuis 15 ans.
Je comprends que pour les animateurs.trices célibataires c’est plus délicat, d’autant qu’iels peuvent davantage attirer la convoitise.

Le Tantra offre des techniques susceptibles de soutenir chacun.e et les groupes à offrir son énergie vitale, sa créativité, sa puissance… là où ça a de la valeur pour l’être/l’âme/l’esprit, en fonction des aspirations de chacun.e, de sa guidance intérieure, de ce que chacun.e sent juste et bon pour lui/elle profondément, de la place qu’iel sent être la sienne. Il s’agit d’être sensible, à l’écoute, pour sentir intuitivement, pour se laisser perméable à la Vie… Cela peut même être perçu comme une ascèse contrairement à la vision hédoniste de certain.e.s : le/la tantrika peut vivre la sexualité comme iel utilise d’autres pratiques, dans une perspective méditative, d’ouverture, de circulation énergétique… plutôt que de jouissance, de plaisir, de satisfaction égotique ou de l’autre… Il peut y avoir aussi un versant d’hygiène énergétique, comme la « mise à la terre » dont les deux partenaires bénéficient, etc. La lenteur est de rigueur. Et parfois ça peut être tout différent…

Et pour celleux qui ne sont pas d’accord avec cela ?

Il y a bien d’autres propositions ailleurs, où ce cadre n’existe pas : souvent, cela se limite à l’interdiction de pénétration pendant les structures. A voir avec l’animateur.trice : ce qui est écrit, ce qui est dit, si tout est clair et non interprétable, si chacun.e s’y engage. Ce dernier point est important pour moi : je sens une tension qui lâche une fois que le tour d’engagement est fait.

A chacun.e son Tantra !
Je ne prétends pas que certaines façons de voir les choses ont plus ou moins de valeur ni d’intérêt : je pose ici simplement ma façon de voir/sentir, de dire, de faire… et que je ne comprends peut-être pas bien tout le reste.
A chacun.e ses limites… et ses ouvertures…

Intéressant de se poser la question de ce qui vous anime et de ce qui vous dérange.
Quel est le maître dans ce choix (où je vais en stage ? est-ce en fonction du cadre posé ?) : est-ce l’Être qui décide, qui est suivi ? Le guide intérieur ? L’ego ? Le mental ? Le sexe ? (dans ce cas, quelle part du sexe : la part connectée à Plus Grand, la blessure, le manque, quel besoin…?) Le cœur ? (dans ce cas, quelle part du cœur : l’envie de fusion, l’élan à rencontrer au-delà du sexe, le besoin de soigner/guérir des blessures…?)
Et parfois aussi les re.rencontres (faites à l’occasion de stages ou ailleurs) sont sous le signe du karma et/ou du destin… (Et là, quelle est la place du libre arbitre ? Mais ce n’est pas le sujet.)

Voilà quelques pistes de réflexion sur ce sujet « Tantra et sexualité ».

Où en est ta réflexion ?
Quel est ton sentiment ?

Au plaisir de te lire !

Namasté

Nelly

Liste des stages à venir
Formation en ligne

PS : Sous les photos, une question posée sur Facebook et ma réponse

Question :

C’est quoi du sexe excitatoire ? Est ce que séduire, activer L’imagination ne l’est pas ? Plus ou moins qu’un massage ‘yoni/lingam’ ? N’est ce pas donné une place plus /trop importante à la sexualité ? Quid des personnes qui n’ont pas la possibilité d’avoir des relations sexuelles que tu peux, peut être l’avoir au sein de ton couple ? Est ce pas se priver justement de l’occasion une sexualité différente, en conscience ? N’est-ce pas rendre la sexualité encore plus taboue qu’elle peut l’être aujourd’hui ? Quelle place pour la sensualité ?

C’est une réflexion que j’ai également, par rapport au cadre des stages auxquels je participe, aussi bien que mes propres stages et pratiques personnelles.

Ma réponse :

Tout à fait: séduire volontairement, fantasmer, (se) masturber… tout cela fait aussi partie du sexe excitatoire… et n’a pas sa place en stage Tantra. Par contre, ne pas être dupe de son jeu et de ce que cela produit chez l’autre, d’honorer moi-même et honorer l’autre (massage, regard, parole…), sentir et respirer consciemment, nourrir l’énergie vitale et la faire circuler en soi, avec l’autre, au-delà… tout cela fait partie du Tantra.

Mon job n’est pas de donner accès à la relation sexuelle en stage, comme je l’ai expliqué. Par contre, grâce aux stages, les êtres peuvent s’autonomiser (sortir de la dépendance), sentir leurs vrais besoins, développer leur intelligence relationnelle et leur communication, poser leurs demandes, vibrer au niveau susceptible d’attirer un.e partenaire tantrique…

L’acte sexuel n’est pas anodin : il mérite que chaque soit lui/elle-même, pas entrainé.e dans l’émulation d’un stage, d’un groupe.

Et pourquoi systématiquement s’exciter? Cette belle énergie peut être utilisée d’autres façons plus épanouissantes, plus créatives, que l’acte sexuel ordinaire.

Quant à la sensualité, le Tantra propose de justement la laisser se déployer complètement. De là, on ne va pas avoir un acte sexuel alors qu’on a juste envie/besoin d’un câlin, d’un massage, d’attention, d’offrir de l’amour…

Se rendre compte aussi de la fragilité de certaines personnes que nous recevons, qui ne sont pas toujours heureuses en relation/sexualité… et qui cherchent justement d’autres pistes que les schémas classiques 😉 Si elles arrivent chez moi, ce n’est pas par hasard: c’est le moment de passer à autre chose 😊

J’adore le sexe. Pour autant ce n’est pas mon maître : il n’est pas en périphérie de ma vie, mais ramené à mon centre, à mon ventre, à mon coeur, à ma conscience… et m’enseigne bien des choses 🙏

Dans toute pratique, le cadre est le socle indispensable. Nécessaire qu’il soit clair et solide.

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