Qu’apprendre du BDSM ?

par | Déc 2, 2021 | Autre que le tantra, Tantra | 2 commentaires

(J’étais partie sur un court article… mais le sujet est tellement vaste, lié à tellement d’éléments qui méritent des explications… tellement de passerelles à envisager…)

Avertissement 1 : En BDSM, comme en Tantra d’ailleurs, il y a de tout (et aussi du n’importe quoi), alors vigilance ! Toujours revenir à sa boussole intérieure et ne croire/prendre que ce qui sonne bon/juste pour soi, uniquement ce qui vibre Oui/léger pour l’intériorité/l’être.

Avertissement 2 : Je ne suis pas experte en la matière et je ne prétends pas faire la leçon à qui que ce soit. A chacun.e son chemin ! et personne ne sait mieux que soi-même ce qui est bon pour soi. Je ne souhaite ni attirer ni détourner qui que ce soit : c’est seulement une perspective que je pose ici. Une façon aussi d’éclaircir ce qui m’anime.
Je pars d’ailleurs depuis un espace qui nuit considérablement à une vision exhaustive et probablement plus réaliste de ce qu’est vraiment le BDSM. En effet, ce que j’aime dans la Vie, c’est être/apprendre/comprendre/sentir/jouer/être en relation, alors que la vocation du BDSM serait plutôt volupté/luxure/jouissance/discipline et autres aspects qui ne font pas vraiment partie de mon schéma psycho-corporel. Pas dans cette vie du moins.
En effet, il y a dans le BDSM ces shoots/cocktails hormonaux, dont il n’est pas question dans mon analyse… et qui pourtant renvoient à l’extase que certain.e.s recherchent/vivent dans le Tantra : sortie des contraintes psycho-corporelles, dissolution de l’ego, connexion à Plus Grand, à l’Un…
Donc ne croyez rien de ce que je dis/écris, gardez ce qui vous fait Oui et laissez là ce qui ne le fait pas… quant à y revenir, pour grandir en passant outre les comparaisons/critiques/jugements, pour retourner à l’inclusion, l’Amour… car c’est plus ce que je vis/entends/comprends que ce que j’écris/dis/lis qui est intéressant. Pour ma part, c’est aussi comme cela que je me nourris et me libère justement : la nourriture, avec ce qui me fait vibrer ce avec quoi je me sens en résonance, et la libération en transcendant ce qui me fait Non, beurk, pfff, snif… Et la transcendance, ce n’est certes pas en me positionnant contre : c’est en trouvant ma propre voie/voix, en m’élevant au-dessus, en observatrice de ce qui se passe dedans, en lien avec mon coeur-âme.

Il y en a qui croient que…

Le BDSM, c’est pour aller toujours plus loin, une forme de surconsommation, de surenchère, dans le toujours plus… pour ressentir davantage (en lâchant enfin le contrôle) ou pour repousser les barrières de la sensation (se sentir plus vivant.e, plus maître.sse de soi, pour ne plus souffrir, pour aller au-delà de nos voiles/contraintes psychiques, de nos ombres, de nos peurs, de nos fantasmes… et se confronter à notre vérité dans ce cadre)

et oui ça peut l’être (comme tout, dès qu’on va vers un extrême, qu’on se décentre) …

ou pas : ça peut même être d’aller vers le moins, le minimum, la subtilité…

Le sensationnel, ce n’est pas forcément où l’on s’y attend. Le corps a son langage et ses engrammes, la psyché aussi… et cela se vit à différents niveaux dans le corps comme dans la psyché.

Une chose que j’ai apprise/comprise de longue date (avec le Tantra), c’est que la vision/perception que l’on a de quelque chose… comme tous les points de vue, comme toutes les opinions… concerne bien plus celui/celle qui regarde ou plutôt celui/celle qui croit (depuis son imaginaire ou les fantasmes d’autres) que de celui/celle qui pratique ou la situation elle-même.

Bref… mieux vaut parler depuis son expérience que depuis ses émotions non ou mal traitées ou depuis ses croyances limitantes.
(Les croyances sont limitantes aussi longtemps qu’elles restent figées/inculquées, qu’elles empêchent d’avancer vers Soi, vers sa vérité d’être. Seules les croyances que l’on se choisit consciemment pour créer un monde qui nous correspond nous font du bien, nous font vibrer plus haut et provoquent/convoquent/offrent de la santé. Par exemple, j’ai choisi de croire que le Divin/le Sacré est en chacun.e, et que nous faisons tou.te.s de notre mieux du moment, et que la vie vaut d’être vécue, et que le présent/la présence est le présent/cadeau… parce que tous ces mantras me font du bien et que ça rayonne bon/efficace alentour aussi.)

Et comme on n’a pas tou.te.s la même expérience, même dans la même situation, je ne parle que pour moi ; laissant aux autres le soin de s’exprimer pour elleux. (C’est dingue, quand on parle de souvenirs communs, que chacun.e ait une version différente, au niveau de son expérience émotionnelle/subjective mais aussi au niveau physique/objectif… car la mémoire est en lien avec ce qui nous intéresse.)

Il paraît que c’est parce que je suis une femme… je ne sais pas si c’est pour cette raison, mais j’ai une certaine tendance à digresser, faire des parenthèses… (Je prends soin de maîtriser cela quand c’est à l’oral, mais là je me laisser aller/vivre : à chacun.e de lire ce qui l’intéresse/l’attire.)

Je suis loin d’être une experte dans le domaine du BDSM, et la signification formelle de cet acronyme (bondage, domination, sadisme, masochisme… termes auxquels on peut ajouter : discipline et soumission) outrepasse ce vers quoi je suis attirée, car si c’est ok pour le bondage (les attaches/entraves) et bien d’autres jeux/ateliers, je ne suis pas tentée par les énergies du sadisme ni du masochisme. Ces addictions à la douleur, prendre plaisir à infliger ou recevoir de la grande douleur physique ou à ne pas ressentir, à re.pousser les besoins et les limites des humain.e.s, les sévices avec cruauté, c’est de l’ordre de la pathologie et non plus des simples névroses propres à l’humanité et qu’il est sain d’aller visiter plus en profondeur, en étant bien accompagné.e. (Se) mettre vraiment en danger physique et/ou psychique, nuire à l’intégrité d’autrui ou à la sienne propre, c’est dommage et dommageable car cela n’aide pas à visiter les blessures de façon consciente/efficiente ni à s’en libérer.

En effet, le sadisme concerne le plaisir à faire mal, au-delà du jeu, de la connexion, de l’expérience commune recherchée dans d’autres formes de domination/soumission.

Quant au masochisme, c’est de nuire à sa propre intégrité et d’amener l’autre dans une forme de démence complémentaire à la sienne. C’est au-delà de la position de soumission expérimentielle, qui se vit en conscience de ce qui se présente, de ce qui est touché/traversé à chaque instant, dans le respect des individus et de leurs limites (celles à ne pas outrepasser et celles que l’on choisit ensemble, pas à pas, d’aller caresser plus fermement).

Pour moi, c’est donc Non aux excès du masochisme et du sadisme (qui me parlent de manque de sensibilité corporelle et émotionnelle, de dissociation, éventuellement de besoin d’être soigné.e pour laisser plus de place à l’être, à ce qui demande de l’attention, derrière ces comportements qui peuvent nuire tant à la personne qui agit qu’à la personne qui subit, quelque soit celle qui l’impulse). Mais ça peut être Oui à plein de pratiques qui vont titiller les limites, permettre de sentir concrètement où j’en suis, et parfois même exorciser les peurs/démons intérieurs.

Comment toucher/titiller les limites sans les outrepasser de façon trop invasive et (se) mettre en danger (physiquement et/ou psychiquement) ? (Parce que le danger est plutôt là, du fait que le consentement est donné dans l’instant alors que la personne n’a pas forcément connaissance de ce que ça va se réveiller en elle et se montrer par la suite.)

En vérifiant le consentement pas à pas, et en y allant selon des règles claires et strictes. Par exemple, on peut décider que les jeux ne devaient pas laisser de traces physiques (mais un bleu est vite arrivé sur certaines personnes), ou ne pas passer la barrière de la peau (pas de sang) et/ou un certain nombre de coups et/ou une certaine durée et/ou une certaine zone du corps…

Et puis c’est intéressant de jouer avec la frustration, d’une part parce que c’est sensationnel (ça fait vivre plein de trucs à l’intérieur) et d’autre part parce que ça permet de s’assurer qu’on ne va pas trop vite, qu’on ne se perd pas. Aussi la confiance se tisse et la sensibilité s’accroît : le corps lâche ses résistances au fur et à mesure que la confiance dans la relation s’installe. Et de là, jouer éventuellement avec la frustration : s’arrêter quand c’est tellement bon (parce que c’est prévu dans le timing, parce que c’est qui le patron/la patronne ?, parce qu’on attend la prochaine cession avec tellement de désir…)
Et pour d’autres, c’est justement le contraire qui est recherché : l’intensité dans l’insécurité, la surprise, l’adrénaline, d’aller au-delà des limites… et c’est ok, tant que les partenaires s’y retrouvent et que le cadre de base est garanti.
Soigner le contrat de base (et donc connaître au mieux ses désirs/besoins) et y revenir ensemble quand c’est utile.

Donc, plutôt que de BDSM, je parlerais plutôt de « jeux de contrainte », ce qui fait référence tant aux aspects physiques que psychologiques. Oui le mot que je souhaite utiliser ici est bien « psychologique » et non « psychique », puisqu’il s’agit en effet d’un terrain d’études, d’un laboratoire, d’expériences concrètes à deux ou plusieurs, avec bienveillance et communication, avec de fréquents retours d’expérience (feedbacks) et réajustements si besoin.

Il est intéressant aussi de savoir qu’il y a deux principaux courants en BDSM (comme en « jeux de contrainte ») : soit en-dehors de tout aspect érotique/sexuel, soit avec une teneur d’érotisation/d’excitation sexuelle recherchée.

C’est drôle, d’ailleurs, toutes ces similitudes entre BDSM et Tantra :
* on utilise ces mots sans vraiment savoir ce que c’est ni ce qu’il y a derrière ni leurs lointaines origines… On utilise ces mots parce qu’ils nous parlent, même s’ils ne s’appliquent pas vraiment, pas toujours, aux propositions faites.

En effet, quand je parle de Tantra, ce serait plutôt « néo-tantra » qu’il conviendrait de dire, d’écrire… et en même temps ce n’est pas tout à fait ça non plus, alors on fait avec les mots (limités et limitants pas essence) et on y met notre propre énergie (qui est naturellement perçue au-delà de ce qui est dit/écrit).
* d’entendre ces mots ou de les prononcer, ce n’est pas neutre : ils sont chargés, aussi dans l’imaginaire et le fantasme.
* « Tantra » comme « BDSM » peuvent être perçus comme sulfureux, transgressifs, voire dangereux… et/ou avec un versant spirituel (peut-être plus prononcé pour le Tantra).
* les deux peuvent avoir un versant thérapeutique, et de grandes guérisons/libérations peuvent s’y vivre.
* l’importance de se placer en observateur.trice, à tout moment, dans l’action engagée.. et de savoir poser ses limites (ou d’être accompagné.e à apprendre à poser simplement et clairement ses limites) ; l’importance de se faire confiance, de ne pas chercher à justifier ses « non » et réajustements : c’est toi qui sais pour toi.
* également, il existe plusieurs versions, y compris au niveau de l’implication sexuelle : le sexe peut y être exclus (mais jamais l’énergie sexuelle/libidinale/vitale, qui est forcément présente), ou inclus naturellement (comme le reste du corps), ou spécialement titillé/mis au centre des pratiques.

Après cette parenthèse, j’en reviens à un des nombreux intérêts que je vois dans la pratique des jeux de pouvoir (domination, soumission et toutes les variantes).

Loin d’insensibiliser, il peut s’agir d’aller se rencontrer en vulnérabilité, en ouverture, en lâchant le contrôle permanent et donc en se révélant/réveillant. C’est une porte pour aller à plus d’authenticité, de tolérance, de bienveillance, de sensibilité, de délicatesse… aussi en activant nos neurones-miroirs.

En effet, pour des pratiques à deux (ou plus) vécues en conscience (et donc bonnes à vivre et utiles aux êtres), il est fondamental d’être en soi, connecté.e à nos parties particulièrement activées, et à l’autre ou à chaque autre (avec, dans ce qu’ielles vivent). Il n’y a pas de relation vraie (sentir ce qui vibre en soi et dans l’espace entre soi et l’autre/les autres) et donc pas de vie véritable (à quoi sert la vie si ce n’est à vivre la Relation ?) sans la mise en mouvement dans/de l’intelligence émotionnelle. Cette forme d’intelligence est liée à la communication animale/intuitive et c’est de là que viennent nos premiers et ultimes enseignements.
Si bien que la subtilité est vécue/nourrie dès qu’on est présent.e, avec l’esprit méditatif (ce qui n’empêche pas d’être actif.ve physiquement).

Une phrase que j’aime beaucoup, tirée de la transanalyse :

« Ce que je joue de moi ne se joue plus de moi. »

Cela me parle de l’intérêt de mettre en scène ses fantasmes et peurs et rêves et désirs et échecs… pour ne pas/plus y rester figé.e (dans le passé, dans des projections illusoires), en dehors de la réalité, du moment présent.

Par exemple, c’est très classique de rêver de viol et tout à fait naturel/sain… mais souvent on n’ose pas le dire et on peut même se faire horreur (quoi ? Je suis excité.e par l’idée de violer ou d’être violé.e ?!) Pourtant, les rêves et fantasmes parlent de bien d’autres choses que de vrais désirs à assouvir, et ils servent aussi à évacuer nos charges émotionnelles, à nous libérer de vécus anciens (dans notre lignée, dans cette vie et pas forcément au niveau physique, dans notre communauté des sexe, dans nos vies antérieures…). Nos rêves et fantasmes nous libèrent notre psyché de charges accumulées pendant la journée, et aussi à traverser nos peurs/désirs. De nombreuses raisons mènent à rêver de viol… et ce n’est pas une raison pour violer ou être violé.e pour de vrai, mais de le jouer, en sécurité, avec dextérité (temps, écoute, partages, sans forcément aller jusqu’au bout), ça peut libérer des tas d’engrammes. C’est comme pour tout : pour que cela se vive au mieux, il est important de poser son intention véritable clairement (et qu’elle soit en adéquation avec le besoin de l’autre) et d’être compétent.e (en l’occurrence, d’être capable de s’accompagner dans la gestion de son vécu émotionnel et d’accompagner l’autre à son rythme).

Et là me vient une remarque : comme pour toutes les pratiques particulièrement impliquantes, il me semble utile de commencer par pratiquer en groupe, en stage, avec des enseignant.e.s compétent.e.s en la matière. En l’occurrence, ce qui se passe au niveau physique et aussi dans la psyché.
Le stage, avec un cadre clair (des règles nettes), garantit la sécurité des individus à tous les niveaux : l’attention et le regard des professionnel.le.s soutient à aller là où c’est bon pour l’être et pas plus loin.
Aucun intérêt d’appliquer un protocole, des méthodes, des techniques, si c’est sans y mettre la conscience nécessaire à le vivre vraiment/au mieux et à le digérer/l’intégrer dans ses différents aspects.
Tout d’abord, il est fondamental d’entrer intimement dans le corps, dans la relation fine aux sensations : dans la conscience corporelle et le mouvement, réveil corporel, respiration ample… S’ancrer, s’aligner, se connecter, entrer en relation avec son soi du moment, entièrement, avec l’autre voire les autres.

Et encore une remarque, par rapport à la responsabilisation : c’est entre adultes consentant.e.s et qui prennent la responsabilité de leurs actes et de la gestion de leurs limites. D’où l’importance d’y aller pas à pas, en laissant des temps d’intégration entre chaque étape et en écoutant les retours d’expérience : comme pour toute méditation, c’est après l’action que le travail intérieur se fait. Et c’est à l’écoute du corps, dans la respiration, que l’on avance. Jamais dans la dissociation, l’acharnement, la surenchère, la volonté d’arriver à un objectif…
Se foutre la paix, dans le respect des êtres !

Derrière chaque peur (ou plainte), il y a un désir.
Derrière chaque désir, il y a un besoin.

Les humain.e.s sont intrinsèquement des êtres de besoins : par la matière, la satiété/satisfaction est de courte durée.
Or c’est tout un apprentissage/art que d’avoir accès à nos véritables besoins. Et de prendre conscience de ce qu’il me manque quand je mange du chocolat en excès ou que je vais vers toute autre consommation (voire addiction) qui ne me satisfait pas vraiment. Et ce n’est que la première étape, qui demande déjà de l’engagement personnel (et c’est souvent seulement après un burn-out, une dépression, une détresse telle qu’on est contraint.e d’aller voir derrière le voile de l’inconscience). Quant à l’étape suivante, pour aller vers honorer mes vrais besoins, elle demande encore plus de courage :
* d’une part pour se rendre compte que nos besoins sont non négociables et qu’on a besoin de l’autre, des autres pour les combler,
* et d’autre part pour accueillir que nos besoins sont non négociables et qu’on est seul.e à pouvoir totalement les combler (mais pas seul.e : la vie, c’est ensemble, en soi).
Deux phrases contradictoires ? Oui, si on se place dans la croyance du « ou ». Or, la vie, c’est du « et », c’est Tout… et son contraire.

En avançant pas à pas dans les pratiques des « jeux de contrainte », il est indispensable de voir où on en est avec la violence (envers l’autre, envers l’autre au sens large, quelque soit sa forme : directe ou négligence). Il s’agit de purger la violence par la conscience (et éventuellement la catharsis et autres process de nettoyage psychique), pour ne pas devenir son jouet, pour ne pas se perdre encore plus, se dissocier, avoir/subir des actes que l’on regretterait par la suite.

On ne joue pas contre l’autre, avec l’énergie de la colère : on peut inviter sciemment des formes d’énergie à rencontrer pour mieux les connaître et voir quels impacts elles ont sur/en/avec nous… mais gare aux proportions. Mieux vaut vraiment se la jouer, agir avec humour et bienveillance, que mû/mue par quelque chose qui nous dépasse. Savoir d’arrêter de jouer si on n’est pas dans le jeu, tout simplement.

Ces jeux, librement consentis et vécus en présence, sont aussi des chemins vers Soi et plus grand que soi. Se rencontrer dans nos ombres et rencontrer l’autre dans ses ombres, se connecter de plus en plus finement, identifier ce qui appartient à l’un.e ou à l’autre, aux deux et dans quelles proportions… et certainement pas se laisser posséder/agir par la violence, la rancune, l’esprit de revanche ou tout autre forme névrotique. Laisser la belle place à l’émerveillement et à la gratitude.

Que ce soit dirigé contre soi ou l’autre, tout acte hors présence/conscience est une aberration, un contre-sens à la vie, un automatisme/mécanisme inconscient éloigné de l’essence, de l’essentiel, de l’essence-ciel.

Le vrai pouvoir, la puissance véritable, c’est en étant profondément ancré.e, centré.e, relié.e, dans le corps-âme-esprit. Dans l’esprit, il n’y a pas de violence : il y a l’acte posé clairement. Et en effet, cela peut sembler parfois tranchant/sec dans le sens où c’est sans concession : cela est.

Se retrouver face à un être entier.e, intègre, ça ne plaît pas à tout le monde. Cela dérange l’ego manipulateur (celui qui se croit mieux ou moins bien) ; cela pose l’ego en son centre, là où c’est juste pour l’individu, au service de l’être et de l’expérience, du processus vers l’Humain.e. L’Humain.e n’est pas/plus à réagir sans cesse : ielle observe le dedans et le dehors, en vivant intensément chaque instant avec ouverture et gratitude (l’ouverture est nécessaire à la circulation énergétique ; la gratitude est utile pour élever la fréquence vibratoire et c’est un secret de bonheur !) Oui l’Humain.e connaît la vie et les difficultés/souffrances de l’état de chair, de la dualité, mais ielle ne s’identifie pas/plus en permanence à ce qui est vécu ou voulu ; ielle a fait le tour de ses limites, croyances, échecs, schémas… vers plus de joie et de liberté : ielle est/se sent relié.e au Tout, au-delà des vicissitudes de la vie terrestre, tout en acceptant ce qui se présente avec courage et vulnérabilité.

Tous les chemins vers Soi sont honorables, et les pratiques de contrainte demandée/consentie sont des espaces qui parlent à tou.te.s, me semble-t-il : ce n’est pas neutre. Cela peut inquiéter, terroriser, émoustiller, intéresser, dégoûter, attirer… et même tout ça en même temps, donc c’est intéressant puisque c’est dans la transcendance des émotions que se fait/vit la libération somato-psychique : de l’humain.e à l’Humain.e. Un bébé est un Humain.e… puis les entraves sont posées, en fidélité aux vieilles versions de l’humanité, celles qui n’ont pas été résolues, nettoyées en profondeur.

Et c’est là que nous sommes, et c’est de là que nous vivons les difficultés de notre vie actuelle : en relation intime avec ce qui n’a pas encore été accueilli/accepté/traversé/transcendé/libéré en soi-même… et le monde extérieur (l’autre, les autres vivants, les situations) nous parle très bien (et parfois très fort) de ce monde-ci, à l’intérieur de soi, monde que nous négligeons pour ne pas remettre en question ce que nous pensons être nos fondations… et qui n’est que boulets, entraves, chaînes, bâillons, fouets… intégrés à notre psyché… ce qui est bien pire que des accessoires avec lesquels on joue en conscience.

Toujours facile car habituel de se trouver des excuses pour ne pas y aller : pas le temps, pas la disponibilité, pas l’argent, pas la santé, pas la bonne personne, etc. Oui toujours facile de ne pas aller à la rencontre de soi-même. Et tellement souffrant. Et tellement loin de ce que la vie attend/propose.

Quelque chose que la vie m’a appris :
Quand c’est le moment, faut y aller ! Et pour y aller, lâcher, se confier à la Vie, avancer résolument dans la direction que m’indique mon cœur, même si je n’ai aucune idée de là où ça va me mener : parce que justement ça va me mener vers mon moi un peu plus grand, un peu plus libre, plus relié, plus heureux, plus apte à rayonner dans le monde…

Et j’ai en moi la force, la sensibilité, les outils et la puissance nécessaires pour y arriver.

Et ne laisser à personne ni à aucune institution, à aucun groupe, le pouvoir (physique ou psychique) sur soi… sauf dans le cadre d’un jeu conscient qui va justement montrer les mécanismes et donner des éléments pour observer et choisir sa voie/voix personnelle. 
C’est mon âme qui me guide, et parfois mon guide intérieur me parle par l’intermédiaire d’autres (personnes ou esprits animaux ou événements…) Dans ce cas, je le sens, ça fait « oui, bien sûr » à l’intérieur… et si ça crispe dedans, ou que l’énergie s’en va, c’est probablement pas le chemin à prendre à ce moment. Ecouter son maître intérieur, avec humilité et fierté d’être.

Chacun.e a Tout (toutes ses difficultés et toutes ses solutions) en lui/elle ; le rôle des accompagnant.e.s est seulement de le/la soutenir à aller les rencontrer et revenir avec ce qui lui est bon, profondément, à ce moment de son parcours.

L’écueil ?

L’inconscience : ne plus jouer consciemment mais se laisser jouer : être l’esclave des émotions et névroses non traitées/transcendées… que ce soit en position de soumission ou de domination.
De la non-écoute de notre juste, de nos vrais besoins, pourrait advenir une insensibilisation/dissociation. Aucun intérêt de jouer avec de la viande morte. Cesser immédiatement, dès que la connexion s’étire/se délite, et si possible avant qu’elle ne se perde, puis revenir à la rencontrer l’un.e de l’autre. De là, tant qu’on est présent.e et dans le consentement pas à pas, tout est possible. Sinon, à quoi bon s’en rajouter en terme de trauma, de manque d’amour, de joie, de sens…?

L’amour (dont bien sûr respect) et l’humour (pas sur le côté indispensable, rôle de l’observateur impliqué) sont indispensables au déroulement sain de ces mises en situation.

On peut se tromper ; on peut être maladroit.e ; on peut le reconnaître ; on peut être tendre envers soi et l’autre. Dans un jeu, on entre et on sort consciemment : il y a le préambule/prélude, la partie elle-même (selon des règles pré-établies), la conclusion. Et à chaque instant, c’est à cœur ouvert, à corps sensible, l’esprit clair… d’où l’importance de savoir détecter l’instant où l’on sort de la pleine conscience (dissociation) pour le signaler, faire une pause, se laisser le temps de digérer/intégrer… avant de reprendre ou pas ou en changeant les règles, consensuellement.

La base, de mon point de vue, c’est d’y aller dans avec esprit méditatif, le plus proche possible de la pleine conscience, tous sens ouverts, à l’écoute fine sur différents plans, au contact de chaque sensation, émotion, pensée, sans s’attacher ni s’identifier à quoi que ce soit. C’est ainsi qu’est nettoyé ce qui a besoin de l’être, ce qui demande à être visité, accueilli, libéré… et que bien souvent nous mettons sous le tapis par incompréhension… car la peur elle-même vient de l’incompréhension : de l’incapacité à comprendre, à prendre avec, à faire avec et à laisser partir…

Notre monde émotionnel est façonné de peurs : même nos colères, tristesses et autres émotions (qui parfois se figent en sentiments tels que frustration, culpabilité, honte…) découlent de notre propension naturelle à la peur. C’est ainsi dans le monde de la dualité : en raison de l’amnésie au sujet de là d’où nous venons et les raisons de notre incarnation.

En tant qu’humain.e, pas de lumière véritable sans rencontrer et traverser nos ombres, consciemment et consciencieusement.

Consciemment, parce qu’il s’agit justement d’y amener l’éclairage de l’Esprit.

Consciencieusement, parce qu’il c’est l’œuvre fondamentale et fondatrice de l’Humain.e et de l’Humanité : s’ancrer profondément dans la Terre, la matière, l’expérience… s’élever/s’expandre depuis là, en restant dans ce lien cellulaire/matriciel… et y ramener les hautes vibrations/fréquences de l’Un, de l’Uni-vers, du Grand Tout… Il me semble que cette œuvre n’est jamais achevée et que le cadeau c’est le présent, la vie, le chemin, ce qui est vécu/senti pas à pas. Et l’oeuvre est une co-création sur des millénaires où tout est important… et rien n’est grave. La gravité, autre que celle de la planète pour nous garder à sa surface, est une illusion de l’esprit ; avec/dans l’Esprit, c’est l’éternité, l’incommensurable ; le temps et l’espace sont des atouts/contraintes pour l’expérience d’incarnation.

L’humain.e, dans sa verticale, canal entre Terre et Ciel, entre Ciel et Terre… peut s’élever au-delà du marasme de la 3D, des illusions nourries par l’ego et le mental non mis au service de l’Être, de la psyché qui tourne en rond sans entrer dans la spirale de l’ascension.

Une précision : la verticale dont je parle ici, ce n’est pas juste la position physique : cela peut se vivre dans toutes les postures (plutôt dans la détente que la rigidité, mais la tonicité peut être bienvenue aussi), en sentant nos racines profondément enfouies pour les échanges avec la Terre (recevoir sa force, ses infos, sa mise à jour, son amour… et lui offrir l’ancien, nos déjections physiques et émotionnelles, notre respect, nos soins…), dans l’alignement (soin à tous nos chakras, centres énergétiques en lien avec nos organes, émotions, relation entre autres, pour une bonne circulation énergétique dans nos corps physiques et subtils) et la « tête dans les étoiles » (non pas en étant perché.e, déraciné.e, dans les croyances et illusions mentales… mais au contraire en lien conscient avec la matière, le corps, le Vivant ici-bas et alentours… et les résonances entre pensées, émotions et sensations, etc).

Pour cela (pour sortir de la boucle pour entrer dans le lemniscate de l’éternité, la spirale de la montée de conscience), il est nécessaire d’oser la vulnérabilité autant que la puissance, les émotions autant que l’Amour, la solitude autant que les relations, l’engagement autant que le détachement… avec humilité et fierté… bref il est nécessaire de lâcher les amarres et naviguer (vivre en conscience) et trouver sa voie du milieu*. Bien des chemins y mènent, mais sans rencontrer concrètement nos ombres, on reste dans l’illusion (que ce soit plutôt version Bisounours ou plutôt version revendication/guerrière), les croyances, les jugements, les critiques, les émotions et sentiments négligés ou mal traités, les basses fréquences.

Pour grandir, devenir adulte responsable et libre ailleurs que sur le papier, il est nécessaire d’aller courageusement perce.voir et expérimenter en vérité où l’on en est réellement avec les peurs, la colère, la violence, la frustration, le sabotage (pour rester dans ma zone d’habitude/de confort), dans la relation à la mère, au Féminin, à Terre-Mère, au père, au Masculin, à Père-Ciel… et le langage du corps peut être tout différent de celui du cœur que celui de la tête… et dans chacun de ces centres, encore des niveaux divers (et même des choses qui ne nous appartiennent pas en propre : de notre lignée/famille, de notre sexe, de notre communauté, de notre nation, de l’humanité, etc : nous faisons partie de nombreux systèmes, qu’on l’accepte ou non)… et des guérisons à s’offrir (et rayonner bien au-delà de nous) pour davantage d’authenticité, de vérité, de connexion, de fluidité, de joie, de paix, d’amour, de lumière… La Vie déployée, englobant simplement ses cycles et donc la mort/les morts, le connu et l’inconnu, le conscient et l’inconscient…

Quoi d’autre ?

Un autre aspect qui m’intéresse dans le BDSM, le shibari (art japonais de l’encordage), le fétichisme et autres, c’est l’esthétisme.
En effet, d’une part, tout cela fait appel à sphère visuelle et aux neurones/zones du cerveau qui y sont particulièrement liés. C’est certes une spécificité de l’humain.e, que de pratiquer des jeux conscients. C’est au niveau du néocortex que ça se vit, aussi en activant le limbique (émotions) et le reptilien (survie), si bien que cela réactive des connexions, des circuits, des influx électriques qui réveillent. Egalement, les liaisons entre les hémisphères (cerveau droit, plus sur le versant de l’énergie masculine, et cerveau gauche, que l’on sollicite dans/avec les qualité du Féminin) sont ravivées, nettoyées, nourries, car il s’agit avant tout d’écoute, de communication de qualité, d’empathie, d’être sensible et ferme…
La plupart de nos conditionnements et enseignements viennent de la sphère visuelle (par ce qui est vu et immédiatement interprété par le mental, plutôt binaire : c’est pris en exemple ou contre-exemple) ; nos déconditionnements peuvent aussi être soutenus par l’activation de ces zones, puisque nous avons tendance à croire ce que nous voyons, même si ce n’est qu’illusions. Si bien que des informations en apparence contradictoires rendent accès aux chemins de traverse, détournent des autoroute prises paresseusement, sans conscience qu’il existe tellement d’autres possibles. Ainsi, la vue, les opinions, la capacité de compréhension et d’analyse s’élargissent. Le cerveau est plus efficient… si bien sûr c’est pratiqué dans un esprit d’ouverture et non pour passer de limitations à d’autres limitations, d’un faux confort à un autre, d’une illusion à une imagerie…

Et d’autre part, toujours concernant le côté visuel, je suis touchée par la beauté, dans le physique et l’émotionnel. Ces pratiques induisent de la mise en scène, de la créativité, un sens du beau, du soin, des pauses et des mouvements, des accessoires, éventuellement des costumes… Et c’est intéressant de voir que même moi qui n’aime pas le maquillage, la coiffure et les chichis et passer du temps/énergie à me faire jolie… je peux prendre plaisir à anticiper et à enfiler une tenue, à utiliser des accessoires aussi pour le côté esthétique : me régaler à voir et être vue. Parce que ce n’est pas neutre, un regard : et dans cette configuration, le regard offre, c’est un cadeau d’attention, de tendresse, de respect de l’être et de son enveloppe. Honorer le corps conscient (éventuellement aussi par des photos, pour pérenniser ces instants), notre fabuleux véhicule biotechnologique, également par des pratiques qui peuvent paraître inutiles (ah notre culture de la productivité !)
En fait, ces pratiques peuvent être des formes d’art (visuel et de communication).

Soigner le fond autant que la forme. Soigner la forme autant que le fond.
Le fond représente l’intention, l’attitude intérieure ; la forme la pratique, la façon la mise en oeuvre.

Côté mythologie…

Intéressant également de savoir (ça-voir) que selon la mythologie grecque, Harmonie (grec ancien : Ἁρμονία) est la fille illégitime d’Arès et d’Aphrodite (selon cette version, elle est donc sœur de Déimos et Phobos). Issu du grec harmonia, signifiant l’assemblage, la juste proportion, c’est le nom d’une déesse, fille d’Aphrodite (Vénus) et d’Arès (Mars).
Harmonie, fille de Mars et Vénus, de la guerre et de l’amour, de la combativité et de la beauté, de la violence et de la séduction…

Bon… voilà donc mon inspiration du jour, qui va un peu au-delà du sujet posé « Qu’apprendre du BDSM ? » … et en même temps, tout est lié dans la Toile.

Le mot de la fin ? Jouons en conscience, avec joie et amour autant que possible.

Prochain stage organisé par Tantra Sud-Ouest et incluant des jeux de contrainte et autres ré.jouissances inhabituelles et intenses : du 4 au 8 avril 2022 (du lundi au vendredi : une semaine d’apprentissages et d’approfondissements, dans le respect du rythme et des limites/désirs de chacun.e.) https://www.tantra-sudouest.com/event/explorer-nos-libertes/

Plein de bonheurs, chaque jour !

Namasté

Nelly

* Au sujet de la fameuse « voie du milieu » : ma façon de la perce.voir, ce n’est certainement pas en suivant un chemin déjà tracé ni en se calant sur les retours d’expérience d’autres personnes ni en étant inactif.ve. Ce n’est pas non plus fade, en faisant attention de ne pas faire de vague, en vivotant, en survivant, en prenant soin de ne pas prendre de risque, en faisant le dos rond pour supporter les événements extérieurs, en mettant nos émotions sous le tapis (toujours rester patient.e, avenant.e, gentil.le, impeccable…) Ce n’est pas non plus en voulant changer l’extérieur (croire que le problème vient de dehors, de l’autre) sans aller visiter/déblayer l’intérieur. Ce n’est pas non plus étant mobilisé.e contre ceci ou cela, que ce soit en solo.a ou en groupe, car ce comportement nourrit essentiellement la fausse personnalité et éloigne de l’être, de l’essence-ciel (se regrouper pour, dans le respect des différences et complémentarités, c’est tout autre chose). Ce n’est pas dans l’hyperactivité, par la critique stérile, en pensant/disant qu’on est mieux ou moins bien que…, ni en soignant davantage l’apparence que la vérité sous-jacente, la surface que le fond. C’est d’ailleurs pour cela que le système pyramidal (prise de pouvoir sur les autres, mis en place depuis/par la hiérarchisation) est inadéquat (inadapté au bonheur des êtres car ne tenant pas compte des vrais besoins, et créant des besoins illusoires à fin de dissocier/couper/scinder et garder voire augmenter le pouvoir sur l’autre). En effet, au lieu de soutenir les êtres qui ont compris que Nous Sommes Un à se mettre naturellement (et avec im.pertinence) au service de l’ensemble et de ses parts, arrivent au pouvoir ceux/celles qui ont les meilleurs créneaux publicitaires parce qu’ielles sont soutenu.e.s par le système financier (qui lui-même est une aberration, une illusion monstrueuse).
Tout cela pour poser que la « voie du milieu », c’est dans le monde, concrètement, activement, que ça se vit. La vie terrestre est courte voire éphémère ; autant la vivre vraiment, avec engagement et intensité, dans l’amour et la joie, la gratitude et l’accueil de ce qui se présente, dans le respect de la Vie et la conscience de ses cycles…

Nos prochains stages

Journée Tantra et massages

Date : dimanche 16 octobre 2022

Couples et individus : « Slow sex : laisser faire l’Amour »

Date de début : samedi 22 octobre 2022 - Date de fin : lundi 24 octobre 2022

Tantra Coeur (chakras 3 et 4)

Date de début : samedi 29 octobre 2022 - Date de fin : lundi 31 octobre 2022

Massages tantriques – Module 2

Date de début : samedi 5 novembre 2022 - Date de fin : mardi 8 novembre 2022

2 Commentaires

  1. Michel MALET

    Cette article est magnifique. A te lire voilà bien une voie qui me tente vraiment. Au plaisir d’en parler et peut-être à la participation à un stage.

    Réponse
    • Nelly Germain

      Merci pour ton commentaire et de prendre soin de toi, Michel 🙂

      Réponse

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